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De Céline aux trois carmélites Agnès de Jésus, MSC et Thérèse - 5 juin 1894.

 

De Céline aux trois carmélites Agnès de Jésus, MSC et Thérèse. 5 juin 1894. 

Mes chères petites Sœurs

Ce matin encore, Papa a eu une crise extrêmement violente pendant que j'étais à la messe ; on est venu me chercher. Cette crise n'était plus une attaque de paralysie comme la dernière, c'était une crise de cœur.

Mon oncle m'a dit que Papa avait une maladie de cœur très prononcée et qui l'emporterait, il regarde son état comme très grave, quoique cependant il n'y paraisse plus ce soir : deux heures après la crise on n'aurait jamais dit que Papa avait été si mal et, quand j'étais partie à la messe, il allait très bien. Cela prend tout à coup.

Il paraît que ce pauvre petit Père est devenu violet et que le cœur ne battait plus ; mon oncle a encore cru que j'allais arriver trop tard. En effet, rien que le temps du trajet, en courant, je ne pouvais le retrouver que guéri ou mort. Le bon Dieu a voulu que je ne sois pas privée de l'assister à ses derniers instants ; aidez-moi, mes chères petites Sœurs à le remercier ! Oh ! priez bien pour nous deux, Papa et moi !... mon cœur est sans cesse émotionné. Pourtant, Papa va bien ce soir, il repose.

Je vous embrasse

Céline

P.S. Je ne sais pas quand j'irai vous voir, je n'ose plus sortir. — Léonie m'écrit qu'elle est reprise de son eczéma à la tête causé par la coiffure nuit et jour, j'en suis tourmentée.

(Lisieux 5 juin 1894)

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