Imprimer

De Marie Martin à M et Mme Guérin - 25 (?) décembre 1874.

 

De Marie Martin à M et Mme Guérin. 25 (?) décembre 1874.

 

Mon cher Oncle et ma chère Tante,

C'est pour moi un devoir bien doux à remplir que celui de venir chaque année vous offrir mes vœux aussi nombreux que sincères.

Mais comme le Divin Enfant de Noël peut seul exaucer nos désirs je lui ai confié tout le bonheur et la félicité que je vous souhaite.

Je désirerais bien savoir si Marguerite Maudelonde est guérie.

[1v°] Pauline et moi nous avons beaucoup prié pour elle, elle nous a laissé un si bon souvenir.

Je n'oublie pas non plus nos gentilles petites cousines; Jeanne surtout qui je crois grandit en sagesse et en science de jour en jour. Ma tante nous a dit dernièrement qu'elle allait en pension à l'abbaye (des Bénédictines de Lisieux), je désire à ma petite Jeanne beaucoup de succès dans ses études.

Je me réjouis bien des grandes vacances car quoiqu'elles soient assez éloignées j'y pense déjà c'est pour moi une véritable fête que d'aller à Lisieux. J'espère que cette année Maman tiendra enfin à sa promesse et qu'elle m'y laissera une quinzaine de jours.

Pourtant je n'ose pas trop [2r°] désirer cette fin d'année, car elle verra aussi la fin de ma vie de pensionnaire et ce ne sera pas sans chagrin que je quitterai ma tante et la Visitation où je suis tant attachée maintenant. Enfin il faut bien que tout finisse et pour n'avoir pas à regretter plus tard le temps que j'aurai passé au couvent je vais tâcher de bien employer celui qui me reste.

Recevez mon cher Oncle et ma chère Tante avec mes vœux les plus ardents les baisers respectueusement affectionnés

de votre petite Nièce

Marie