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Souvenirs de Léonie sur sa première communion


«Il n'était pas ce jour, le plus beau de ma vie, parce que mon enfance et ma première jeunesse se sont passées dans la souffrance, dans les épreuves les plus cuisantes.»

Lettre citée par le P. Piat - dont l'original a été détruit.

Les lignes qui suivent ne sont pas de Léonie.

A la Visitation en 1873, « elle use un catéchisme en un mois, pour ne rien savoir à la fin » (lettre de Mme Martin du 13 décembre 1873). Au début de janvier 1874, elle fait un nouvel essai de scolarité à la Visitation du Mans, en guise de préparation à la Première Communion. Une nouvelle éruption d'eczéma, en aggravant la nervosité, n'incline pas à l'étude l'écolière rétive – l'essai s’achèvera le 6 avril.
Léonie de retour à la maison montre beaucoup  d'ardeur au catéchisme paroissial qu'elle fréquente assidûment depuis octobre 1874. N'était le trouble où la jette toute interrogation, elle compterait parmi les premières. Mme Martin diffère jusqu'à la nuit des travaux urgents pour la préparer elle-même. Elle écrit à Mme Guérin 14 mars 1875 : "Léonie a reçu l'Absolution; elle avait peur de ne pas être assez bien préparée; ces dispositions m'ont fait plaisir." La Première Communion eut lieu à Notre-Dame d'Alençon, en la fête de la Sainte Trinité, le 23 mai 1875. Tout fut joie et bonheur sans rides. Selon l'usage alors reçu chez les familles aisées, une enfant pauvre, Armandine Dagorau, dont on avait payé la toilette, participa au repas.
Thérèse, qui n'avait pas alors vingt-huit mois, mais qui témoignait d'une étonnante précocité, devait relater en son autobiographie certains détails de la journée, et comment, le lendemain ou peu après, elle accompagna sa mère et sa sœur chez la maman de la fillette, qui leur rendait l'invitation : 

Je me rappelle très bien sa première communion, surtout du moment où elle me prit sur son bras pour me faire entrer avec elle au presbytère ; cela me paraissait beau d'être portée par une grande soeur tout en blanc comme moi !... Le soir on me coucha de bonne heure car j'étais trop petite pour rester au grand dîner mais je vois encore Papa qui vint au dessert, apportant à sa petite reine des morceaux de la pièce montée... (Manuscrit A, folio 6v°)

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