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De Marie Guérin à Léonie - 28 février (?) 1889.

De Marie Guérin à Léonie. 28 février (?) 1889.

 

Ma chère Léonie,

Nous avons reçu ce soir le petit mot de Céline, je vois que notre visite vous a fait bien plaisir et nous serons heureuses de la renouveler souvent. Cette après-midi nous avons été au Carmel pour leur donner de vos nouvelles, elles n'avaient pas encore reçu votre lettre, ce qui fait que nous n'avons aucun détail sur la santé de mon oncle.

Tu vois, ma chère Léonie, que je tiens ma promesse et j'espère que tu en feras autant à mon égard.

[1 v°] Il n'y a rien de nouveau à Lisieux, si ce n'est que tu me manques beaucoup ; les repas et les soirées sont tristes depuis que vous êtes à Caen et ce m'est un bonheur ce soir de pouvoir parler avec toi.

Papa a reçu ce matin une lettre du commandant de La Côte [Henry de Lacauve, cousin-germain de M. Martin] qui lui répond qu'il ne peut venir demain. Je crois bien que j'ai très mal mis l'orthographe du nom de ce commandant, mais voyant tout le monde très affairé autour de moi, je n'ose briser le silence qui règne en faisant cette question.

Aujourd'hui nous sommes dans nos petits souliers en pensant que demain l'on recevra quatre beaux [2 r°] Messieurs. Si tu veux savoir la carte du dîner, je te dirai que pour l'entrée il y aura des huîtres mais je ne me rappelle plus du reste, Maman l'a pourtant dit tantôt devant moi, mais tu sais ces affaires-là m'entrent par une oreille et me ressortent par l'autre.

Je crois que je t'ai mise au courant de toutes les nouvelles, maintenant je vais te dire une vieille antiquité, c'est que je t'aime de tout mon coeur, et que mon plus grand désir est de te revoir bientôt au milieu de nous.

Ta petite sœur

Marie.

Je te charge d'embrasser Céline bien [2 v°] fort pour moi. Quand tu rencontreras la petite fille aux joues rosées et au boa blanc, tu l'embrasseras de ma part.

Maman me charge de vous embrasser pour elle bien affectueusement.

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