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Les témoins du Procès Apostolique

 

En 58 sessions, en moins d'un an, sont entendus une vingtaine de témoins, dont certains des plus autori­sés, qui avaient déposé, parfois pendant plusieurs jours consécutifs, avec un cou­rage et une constance vraiment exem­plaires. Car on était en pleine guerre mon­diale et les difficultés provenant des hos­tilités se faisaient déjà sentir jusqu'en la lointaine Normandie.

La séance conclusive, qui se tint le 25 août 1916, se rapporte justement à la guerre qui alors battait son plein. L'abbé Godefroy Ma­delaine, prémontré, le fameux « grand-père de l'Histoire d'une âme » comme il aimait se surnommer, aurait dû être in­terrogé. Les lois de suppression l'avaient amené à quitter Saint Michel de Frigolet et à chercher un refuge en Belgique, à Leffe, dans le diocèse de Namur. Et du refuge belge, il aurait dû venir déposer au Procès Apostolique. Mais la Belgique était alors occupée par les allemands, et on ne pouvait songer à un voyage pour quelqu'un qu'on n'arrivait même pas à atteindre par correspondance. Ce fut ainsi que son interrogatoire dut être remis à plus tard.

On en mentionne d'autres qui, après avoir déposé au premier Pro­cès, n'étaient pas présents pour différents motifs. Trois d'entre eux, Auguste Vala­dier, Claude Weber, Etienne Frapereau étaient morts. Le P. Elie de la Mère de Miséricorde, conventuel au monastère du Mont Carmel, en Terre Sainte, se trou­vait, à cause de la guerre, dans l'impos­sibilité de se déplacer.