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Introduction aux 46 éditions de Histoire d'une âme

 

L'essentiel pour connaître l'histoire des 46 éditions.

Ces quelques lignes veulent introduire le lecteur aux 46 éditions de l’Histoire d’une âme (HA) publiées entre 1898 et 1955. Deux dates qu’il faut d’abord bien identifier. La seconde est celle de la dernière édition : elle précède d’une année la sortie, en 1956, des fac-simile des trois manuscrits qui ont servi à composer l’essentiel de HA et de deux ans l’édition imprimée destinée à remplacer HA, qui portera le titre peu compréhensible pour le public de Manuscrits autobiographiques (1957). La première date, mieux connue, est celle de la sortie de l’ouvrage, un an après la mort de Thérèse, à quelques jours près. L’ouvrage a été composé vers la mi-octobre. Les premiers destinataires le reçoivent le 21 octobre. Il a été financé par M. Guérin, oncle de Thérèse qui a commandé à l’imprimerie Saint-Paul de Bar-le-Duc mille exemplaires destinés aux carmels, qui reçoivent le livre en lieu et place de l’habituelle notice, et qui en commanderont à Lisieux d’autres exemplaires pour leur entourage, si l’ouvrage a plu. Ce que montreront les premières réponses des prieures et plus encore leurs immédiates commandes. Rapidement le stock du carmel de Lisieux s’épuise et l’oncle fait imprimer un deuxième mille, qui maintenant peut être aussi commandé directement par les clients ou par les libraires auprès des trois maisons des éditions Saint-Paul, Bar-le-Duc, Paris et Fribourg. 

Quelques dates importantes

   

1899. La seconde édition fait l’objet d’un premier remaniement. Pour l’essentiel, l’ajout habituel de nouvelles lettres d’approbation (celle des carmes romains se trouve seulement dans l’édition de 1900) et le dégraissage du chapitre 12. Celui-ci, dans la première édition, regroupait des témoignages des novices sur Thérèse et le récit des dernières semaines de sa vie terrestre. A partir de 1899, les témoignages des novices, sous le titre de « Paillettes d’or - Conseils et souvenirs » glissent dans un plus copieux appendice qui regroupait déjà les prières, des extraits de lettres à Céline et surtout la plupart des poésies. Voir ici.

1902. Apparition d’une édition meilleur marché qui porte un titre nouveau, Une rose effeuillée. Le texte se concentre davantage sur l’essentiel, les douze chapitres qui présentent la vie et la mort de Thérèse. Autre nouveauté, qui relève d’un marketing bien entendu. Les tirages des éditions ultérieures de HA, qui sont présents jusqu’en 1912 (125ème mille) incluent, mais sans le dire, ceux d’une Rose effeuillée dont le titre, à partir de 1909 est donné aussi à une édition intermédiaire entre HA et la première RE. Ce qui ne simplifie pas les choses. Voir ici.

1907. Grands remaniements, marqué notamment par un changement de format, qui fait que l’édition, imprimée à la fin de l’année, n’est disponible qu’au tout début de l’année suivante. Pour aller à l’essentiel, le chapitre douze est largement remanié notamment pour mieux mettre en valeur la doctrine de Thérèse identifiée pour la première fois comme celle de l’enfance spirituelle. Des correspondances nouvelles apparaissent. Plus visible, un nouvel appendice consacré aux miracles de Thérèse, sous le nom de « Pluies de roses ». Voir ici.

1910. Le carmel décide de publier annuellement des recueils de miracles, sous le nom de Pluie de roses tout en continuant à faire figurer les miracles, renouvelés, dans les éditions successives de HA. Les éditions de 1913 et de 1914 des Pluies de roses sont des livres de 500 pages environ, susceptibles de concurrencer HA. Voir ici.

1914. Pour la première fois, le public apprend l’existence de trois manuscrits ayant servi à composer les onze premiers chapitres de HA. Ces manuscrits sont discrètement identifiés, au début de chaque chapitre par leur destinataire, Mère Agnès, Marie de Gonzague et Marie du Sacré-Cœur. Cette présentation nouvelle permet de voir leur importance respective : huit chapitres pour le premier, deux, mais abondants, pour le second, un pour le dernier. L’identification de ce dernier manuscrit (manuscrit B) s’accompagne d’une reproduction plus complète de la lettre de présentation à Marie du Sacré-Cœur. Voir ici.

1914. La date est importante encore parce que Rome vient d’avaliser le procès mené par l’évêque depuis 1910. Une nouvelle édition en rend compte. Voir ici. Dorénavant le texte de HA subit peu de modification, mais les éditions ultérieures vont répercuter les étapes ultimes de la carrière posthume de Thérèse : vénérable (édition de 1922), bienheureuse (1923), sainte (1925).

1955. La dernière édition, comme baroud d’honneur, publie la presque totalité des prières de Thérèse. Voir ici.

 

Trois trucs pour identifier une édition de HA.

 

1- Il faut se méfier des titres donnés par les bibliothèques et dans certains sites de vendeurs. Là où le titre complet de l’ouvrage parle de Sœur (Sr) Thérèse, certaines présentations affichent de manière fautive sainte (Ste) Thérèse, titre qui est seulement donné à Thérèse après la canonisation de 1925.

 

2- Il faut aussi, pour connaître le contenu d’une édition, tenir compte de l’existence de paginations multiples. L’édition de 1898 comprend, outre les 475 p de l’ouvrage une introduction paginée en romain (XXVIII p). Soit donc un total de 502 p. L’édition de 1912 comprend, outre cette même introduction, largement augmentée (XLIII p), 506 p. de texte auquel s’ajoute un appendice de 113 p. (identifiées par un *) qui comprend des miracles et le récit de l’exhumation de 1910. En ajoutant encore dix pages pour la table des matières et la publicité pour la petite entreprise thérésienne et quelques feuillets blancs, on atteint un total de 675 p. C’est l’édition la plus copieuse. En 1914 HA est dégraissé et perd plus de 50 pages.

 

3 - Il n’est pas toujours aisé de trouver, en présence d’un exemplaire ancien, l’année de l’édition. Celle-ci peut être identifiée, sur la page du titre, par le nombre de mille. Mais surtout elle figure très discrètement à la fin de chaque ouvrage : après le nom et l’adresse de l’imprimeur (Imp. Saint-Paul – Bar-le-Duc) on trouve un numéro. Par exemple 6098,6,14. Le premier chiffre (6098) correspond à l’identifiant des publications de l’imprimeur, les deux suivants, qui nous intéressent davantage, au mois et à l’année de l’édition, soit donc ici juin 1914. Je disais plus haut que l’édition de 1907 avait été publiée tardivement. On le vérifie par sa numérotation : 1392,12,07 (décembre 1907).

Claude Langlois

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