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De J. La Néele à sœur Geneviève. Pour le 5 février 1895.

 

De J. La Néele à sœur Geneviève. Pour le 5 février 1895.

 

Ma Chère petite Céline,

     Je joins à cette lettre un petit billet où sont écrites mes intentions (Billet que Sœur Geneviève portera sur son cœur, pendant la grande prostration, bras en croix, sur le tapis de bure, selon une coutume reçue). Je ne sais si on te permettra de me lire, car tu es sans doute en grande retraite. Tu es toute à ton divin fiancé et Lui est tout à toi; je ne veux pas troubler ces entretiens intimes, je te dirai donc deux mots seule­ment pour te faire savoir encore une fois combien tu es chère à ta petite sœur Jeanne et comme elle pense à toi. Tu es bien heureuse en ce moment, ma chérie, la journée de mardi sera belle pour toi; je me réjouis de ton bonheur et je pense qu'au ciel la joie [v°] sera plus grande encore que sur la terre. Mon Oncle et ma Tante, témoins invisibles de tes fiançailles spirituelles, béniront la chère enfant qui a protégé la vieillesse de son vieux père, et reçu son dernier soupir. Oui, tu as fait tout ton devoir, ma chère petite sœur, et tu l'as noblement fait; aussi aujourd'hui je suis sûre que Jésus te récompense et qu'il te comble de douceurs que le monde ignore.

A demain, ma chérie, je t'embrasse mille fois comme je t'aime ainsi que tes sœurs. Nous serons tous les deux à la messe de huit heures mardi au Carmel. Pense un peu à prier pour nous.

Bien à Toi.

J. La Néele

Je remercie bien Pauline pour les charmants ouvrages qu'elle nous a offerts à l'occasion de sa fête, Francis y a été très sensible aussi et il me charge de ses remerciements.

J. L.

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