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De J. La Néele à sœur Geneviève. 12 juin 1895.

 

De J. La Néele à sœur Geneviève. 12 juin 1895.

 

Ma Chère petite Céline,

       Je t'écris deux mots à la hâte pour te demander encore des prières. Je t'en ai fait demander hier soir pour Mme Mouton, aujourd'hui je viens t'en demander pour moi. Il m'est venu une idée cette après-midi, c'est peut-être l'Esprit Saint qui me l'a envoyée. Je te dirai d'abord que je prie très souvent mon Saint oncle, et que bien souvent aussi il m'obtient ce que je lui demande. J'ai donc eu la pensée de faire une neuvaine à N.-D. de [l v°] Lourdes et en même temps faire chaque jour une prière à mon saint oncle. Certainement qu'il est au ciel, certaine­ment qu'il va entendre nos prières et surtout celles de ses quatre carmélites. Tu sais que je ne suis pas patiente, aussi je lui demande une réponse pour le neuvième jour de la neuvaine. Vous voudrez bien la commencer demain jeudi, jour de la fête Dieu, fête de l'Adoration nocturne que mon oncle aimait tant. Je demande toujours les mêmes grâces, ma guérison complète et un Bébé. Tu me trouves peut-être bien indiscrète de te tracasser toujours ainsi; mais je t'assure que j'ai obtenu bien des grâces par l'intercession de ton bon père. Aussi à la Musse j'allais quelquefois dans la chambre où il a rendu le dernier soupir et où son âme s'est envolée au ciel, et je [2r°] lui récitais une petite prière. Garde cela pour toi, ma chérie, et ne le dis même pas à ma petite sœur Marie car personne à la Musse ne s'apercevait de mes petits pèleri­nages.

Je n'écris pas à Marie, ni à maman, je pense que tu verras quelqu'un demain, tu voudras donc bien la prier si tu la vois de se joindre à nous.

Merci à l'avance, mon petit Célin, prie bien fort, je t'en supplie, toi et tes sœurs, et reçois les meilleurs et les plus tendres baisers
de ta petite sœur
J. La Néele
Le 12 Juin 1895

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