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De Mme Martin à Mme Guérin CF 134 - 11 juillet 1875

 

Lettre de Mme Martin CF 134

 

A Mme Guérin

11 juillet 1875

Votre lettre était attendue avec grande impatience. J'ai appris l'inondation de Lisieux, jeudi matin, à huit heures et demie. Je croyais que c'était peu de chose, mais dans la journée, les bruits étaient plus alarmants et je me tour­mentais beaucoup. Le lendemain matin, j'en ai lu les détails dans notre journal, alors je me suis convaincue que vous n'en aviez pas souffert, puisque l'inondation n'avait atteint que les parties basses de la ville (incluant donc le Carmel). Je devais vous écrire aujourd'hui, pour vous demander des nouvelles de tout cela, je suis bien contente d'en avoir reçu, car je vais envoyer votre lettre au Mans, ne sachant pas si vous avez écrit à ma sœur.

Comme vous le dites, ma chère sœur, tout ceci est bien terrible; ce sont de grands fléaux, mais les impies n'en profitent guère, il faudra pire pour leur ouvrir les yeux. Nous avons eu, ici, un orage épouvantable, mercredi dans l'après‑midi, il paraît qu'il a fait de grands dégâts aux envi­rons de Sillé; tous les foins sont perdus et les prairies inondées.

Je vais faire votre commission chez M. X. Il n'est pas là aujourd'hui, mais auprès de M. Vital. Celui‑ci quitte défini­tivement le Mans et, à cette occasion, il réunit tous ses amis, au nombre de vingt; il leur fait un grand festin à Neuilly-­le‑Bisson; mon mari y est invité.

Je tâcherai d'aller chez vous vers le 14 août, veille de l'Assomption, c'est le plus tôt que je puisse partir. Je ne pourrais voyager la semaine d'avant, car ce sera celle de la sortie des enfants et j'ai beaucoup de choses à leur faire, qui ne pourraient être prêtes.

Céline a été ravie de ce que vous dites à son sujet; elle a demandé bien des fois ce que voulait dire ce mot:  « parti­culièrement" » On lui a dit que vous l'invitiez avant les autres, et que, s'il n'y en avait qu'une à aller à Lisieux, ce serait elle; il faut voir si elle est heureuse !

On n'entend plus parler que de Lisieux, du matin au soir; jusqu'au bébé qui s'en mêle et qui veut aussi y aller pour voir la marraine de Céline et puis la petite Jeanne.

Léonie lui dit: «  Je t'apporterai tous les gâteaux qu'on me donnera, ma petite chérie, va, je n'en mangerai pas un. » Elle a vraiment un bien bon cœur cette pauvre Léonie et elle aime de façon spéciale ses petites sœurs; ainsi, l'une des raisons qui lui faisaient refuser d'aller chez vous, était que, si elle y allait, Céline n'irait pas.

I1 faut que je fasse quelque chose pour vos inondés de Lisieux. Vous pouvez toujours disposer de l'argent que me doit Mme X.; si elle ne vous l'a pas encore remis, demandez-­le lui de ma part.

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