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LT 125 - A Mme Guérin - 17 Novembre 1890

J.M.J.T.
Jésus
Au Carmel le 17 Nov. 90

 
                Ma chère Tante,
 
                Avec quel bonheur je viens vous souhaiter votre fête !... Depuis longtemps je pense à ce beau jour et je me réjouis de venir auprès de ma petite Tante chérie lui dire combien sa dernière, sa plus petite fille l'aime ; en tout elle veut bien être la dernière et la plus petite, mais dans l'affection et la tendresse jamais elle ne se laissera dépasser par ses aînées... Et puis n'est-ce pas le droit d'un Benjamin d'aimer plus que les autres ?...
                Que de souvenirs pour moi dans cette date du 19. Longtemps d'avance je m'en réjouissais, d'abord parce que ce jour était la fête de ma Tante chérie ; et puis aussi à cause des jolies gâteries dont j'étais comblée ce jour-là. Maintenant le temps s'est écoulé, les petits oiseaux ont grandi, puis ils ont ouvert leurs ailes et se sont envolés du nid si doux de leur enfance. Mais ma chère petite Tante, en grandissant, le coeur de votre petite fille a grandi aussi en tendresse pour vous, et c'est maintenant surtout qu'il comprend tout ce qu'il vous doit... Pour payer ma dette je n'ai qu'un moyen, étant très pauvre et ayant pour époux un Roi puissant et très riche, je le charge de verser à profusion les trésors de son amour sur ma Tante chérie et de lui rendre ainsi toutes les bontés maternelles dont elle a su entourer mon enfance.
                Ma chère Tante, je ne vous dis pas Adieu car je compte bien rester toute la journée auprès de vous et j'espère que vous allez deviner le coeur de votre petite fille
 
Thérèse de l'Enfant Jésus
rel.carm.ind.