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LT 155 - A M. et Mme Guérin - 29 Décembre 1893

J.M.J.T.
Jésus
Au Carmel le 29 Décembre 1893

 
                Mon cher Oncle et ma chère Tante,
 
                Je n'ai que quelques minutes pour vous offrir mes voeux de bonne année. Notre Mère vient de me dire que sa lettre doit être portée demain matin. Mais je n'ai pas besoin de beaucoup de temps pour redire à mes chers Parents les souhaits que mon coeur forme pour leur bonheur. Je voudrais si cela était possible que la nouvelle année ne leur réservât que des consolations. Mais hélas ! le Bon Dieu qui connaît les récompenses qu'Il réserve à ses amis, aime souvent à leur faire gagner ses trésors par des sacrifices. Notre Sainte Mère Thérèse disait en souriant à Notre Seigneur ces paroles si vraies : «Mon Dieu, je ne suis pas étonnée que vous ayez si peu d'amis, vous les traitez si mal.»
                Cependant, au milieu même des épreuves qu'Il envoie, le Bon Dieu est rempli de délicatesse. La maladie de mon cher petit Père en est pour moi une preuve évidente. Cette croix était la plus grande que j'aurais pu imaginer, mais après nous en avoir fait goûter l'amertume, Notre Seigneur est venu adoucir par les mains de nos chers Parents le calice de douleur qu'Il nous avait présenté et que je m'attendais à boire jusqu'à la lie...
                O cher Oncle et chère petite Tante ! si vous saviez combien le coeur de votre petite Thérèse est aimant et reconnaissant ! Je ne puis vous dire tout ce que je voudrais, voici l'heure de matines, pardonnez-moi le décousu de ma lettre et mon écriture de chat... ne regardez que le coeur de votre enfant.
 
Thérèse de l'Enfant Jésus
rel.carm.ind.
 
Je vous prie d'offrir à Madame Fournet les voeux les plus sincères de la part de sa petite fille.