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LT 156 - A Mère Agnès de Jésus - 21 janvier 1894

21 janvier 1894
J.M.J.T.
Le rêve de l'Enfant Jésus.

texte accompagnant un tableau peint par Thérèse

                En jouant avec les fleurs que son épouse chérie lui a apportées dans sa crèche, Jésus pense à ce qu'Il fera pour la remercier... Là-haut dans les jardins Célestes, les anges, serviteurs de l'Enfant Divin, tressent déjà les couronnes que son coeur a réservées pour sa bien-aimée.
                Cependant la nuit est venue. La lune envoie son rayonnement argenté et le doux Enfant Jésus s'endort... Sa petite main ne quitte pas les fleurs qui l'ont réjoui pendant la journée et son coeur continue de rêver au bonheur de son épouse chérie.
                Bientôt, Il entrevoit dans le lointain des objets étranges qui n'ont aucune ressemblance avec les fleurs printanières. Une croix !... Une lance !... Une couronne d'épines ! et cependant le Divin Enfant ne tremble pas. Voilà ce qu'Il choisit pour montrer à son épouse combien Il l'aime !... Mais ce n'est pas encore assez, son visage enfantin et si beau, Il le voit défiguré, sanglant !... méconnaissable !... Jésus sait bien que son épouse Le reconnaîtra toujours, qu'elle sera à ses côtés, alors que tous l'abandonneront, aussi l'Enfant Divin sourit à cette image sanglante, Il sourit encore au calice rempli du vin qui fait germer les vierges. Il sait que dans son Eucharistie les ingrats le délaisseront, mais Jésus pense à l'amour de son épouse, à ses délicatesses. Il voit les fleurs de ses vertus embaumant le Sanctuaire et Jésus enfant continue de sommeiller doucement... Il attend que les ombres déclinent... que la nuit de la vie soit remplacée par le jour radieux de l'éternité !...
                C'est alors que Jésus rendra à son épouse bien-aimée les fleurs qu'elle lui a données en le consolant sur la terre... C'est alors qu'Il inclinera vers elle sa Face Divine toute rayonnante de gloire et qu'Il fera goûter éternellement à son Epouse la douceur ineffable de son divin baiser !!!...
 
                Ma Mère chérie,
 
                Vous venez de lire le rêve que votre enfant voulait reproduire pour votre fête. Mais hélas ! c'est votre pinceau d'artiste qui seul aurait pu peindre un aussi doux mystère !... J'espère que vous ne regarderez que la bonne volonté de celle qui serait si heureuse de vous faire plaisir.
                C'est vous, ma Mère, ce sont vos vertus que j'ai voulu représenter par les petites fleurs que Jésus presse sur son coeur. Les fleurs sont bien pour Jésus seul ! oui, les vertus de ma Mère chérie resteront toujours cachées avec le petit Enfant de la crèche, cependant, malgré l'humilité qui voudrait les voiler, le parfum mystérieux qui s'échappe de ces fleurs me fait déjà pressentir les merveilles que je verrai un jour dans l'éternelle Patrie quand il me sera permis de contempler les trésors de tendresse que vous prodiguez maintenant à Jésus.
                O ma Mère ! vous le savez, jamais je ne pourrai vous dire toute ma reconnaissance pour m'avoir guidée comme un ange des Cieux au milieu des sentiers de la vie ; c'est vous qui m'avez appris à connaître Jésus, à l'aimer ; maintenant que vous êtes doublement ma Mère, oh ! conduisez-moi toujours vers le Bien-Aimé, apprenez-moi à pratiquer la vertu afin qu'au Ciel je ne sois pas placée trop loin de vous et que vous puissiez me reconnaître pour votre enfant et votre petite soeur.
 
Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
rel.carm.ind.