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LT 23 - A Marie Guérin - 27 Juin 1887


 Aux Buissonnets. Lundi 27 Juin 1887

            Ma chère petite malade,

 

            Comment vas-tu ce matin ? as-tu bien dormi cette nuit ? ta dent te fait-elle moins souffrir ?... Voilà, ma chère petite Marie, toutes les questions que je m'adresse ce matin, mais, hélas ! personne ne peut me répondre et je suis forcée de les résoudre moi-même ; aussi je le fais à mon avantage et je te vois allant beaucoup mieux.

            Je suis obligée de tourner la page car je viens de m'apercevoir que j'écrivais tout de travers ; il y a si longtemps que je n'ai tenu une plume que cela me semble tout à fait drôle. Je reviens du Carmel, j'ai dit à Marie et à Pauline combien tu étais souffrante et elles vont bien prier le bon Dieu pour qu'il te guérisse et pour que tu puisses jouir de ton temps de Trouville... J'aurais encore bien des choses à te dire, mon petit Louploup chéri, mais je n'ai pas le temps car je compte encore écrire un mot à Jeanne, d'ailleurs je craindrais de te faire mal aux yeux, ma lettre est un vrai brouillon et je ne sais comment je puis oser te l'envoyer ainsi.

            Je te quitte en t'embrassant non pas sur les deux joues, je craindrais de te faire mal aux dents, mais sur ton joli petit front.

Thérèse

e.m.

            Surtout je recommande à mon cher petit Louploup de ne pas se gêner pour m'écrire, cela ne m'empêchera pas de lui envoyer des lettres bien souvent. Il faut que mon petit Louploup mérite son nom, qu'il mange comme un vrai Louploup.