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LT 212 - A soeur Marie de la Trinité.

24 Décembre 1896

Nuit de Noël 1896
                Ma petite épouse chérie,
                Oh ! que je suis content de toi... Toute l'année tu m'as beaucoup amusé en jouant aux quilles. J'ai eu tant de plaisir que la cour des anges en était surprise et charmée, plus d'un petit chérubin m'a demandé pourquoi je ne l'avais pas fait enfant... plus d'un m'a demandé encore si la mélodie de sa harpe ne m'était pas plus agréable que ton rire joyeux lorsque tu fais tomber une quille avec la boule de ton amour ? J'ai répondu à mes petits chérubins qu'ils ne devaient pas se faire de peine de n'être point enfants puisqu'un jour ils pourraient jouer avec toi dans les prairies du Ciel, je leur ai dit que certainement ton sourire m'était plus doux que leurs mélodies, parce que tu ne pouvais jouer et sourire qu'en souffrant, en t'oubliant toi-même.
                Ma petite épouse bien-aimée, j'ai quelque chose à te demander, vas-tu me le refuser ?... Oh non ! tu m'aimes trop pour cela. Eh bien ! je vais t'avouer que je voudrais changer de jeu ; les quilles, ça m'amuse bien, mais je voudrais maintenant jouer à la Toupie et, si tu veux, c'est toi qui seras ma toupie. Je t'en donne une pour modèle, tu vois qu'elle n'est pas belle, quiconque ne sait pas s'en servir la repoussera du pied, mais un enfant sautera de joie en la voyant, il dira : «Ah! que c'est amusant, cela peut marcher toute la journée sans s'arrêter.»
                Moi le petit Jésus, je t'aime, bien que tu sois sans charmes, et je te supplie de toujours marcher pour m'amuser... Mais pour faire tourner la toupie, il faut des coups de fouet... Eh bien ! laisse tes soeurs te rendre ce service et sois reconnaissante envers celles qui seront les plus assidues à ne pas te laisser ralentir dans ta marche. Lorsque je me serai bien amusé avec toi, je t'emporterai là-haut et nous pourrons jouer sans souffrir...
(Ton petit Frère Jésus.).