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LT 32 - A Mme Guérin - 14 Novembre 1887

14 novembre 1887

Lundi 14 Soir


 

            Ma petite Tante chérie,

 

            Si vous saviez comme votre petite fille serait heureuse si elle pouvait être auprès de vous pour vous souhaiter votre fête, mais puisque ce bonheur lui est refusé elle veut au moins qu'un petit mot de son coeur parte au-delà des mers pour la remplacer. Pauvre petit mot, comme il va être insuffisant pour dire à ma Tante chérie toute l'affection que j'ai pour elle !

            Comme nous avons été heureuses ce matin en recevant vos chères lettres ! Oh ! ma Tante, si vous saviez comme je vous trouve bonne...

            Nous avons reçu toutes les lettres du Carmel, il ne s'en est pas trouvé d'égarée. Je ferai ce que Pauline me dit dans sa lettre (Hôtel de Milan), je ne sais comment je m'y prendrai pour parler au Pape. Vraiment si le Bon Dieu ne se chargeait pas de tout, je ne sais comment je ferais. Mais j'ai une si grande confiance en lui qu'il ne pourra pas m'abandonner, je remets tout entre ses mains.

            Nous ne savons pas encore le jour de l'audience. Il paraît que pour parler à tout le monde le St Père passe devant les fidèles mais je ne crois pas qu'il s'arrête ; malgré tout je suis bien résolue à lui parler car, avant que Pauline m'ait écrit, j'y pensais mais je me disais que si le Bon Dieu voulait que je parle au Pape, il me le ferait bien savoir...

            Ma chère Tante, je voudrais pouvoir vous faire lire dans mon coeur, vous y verriez beaucoup mieux que dans ma lettre tout ce que je vous souhaite pour votre fête. Je suis loin, bien loin de vous, ma chère petite Tante, mais c'est incroyable comme ce soir il me semble être près de vous, je voudrais vous dire comme je vous aime et combien je pense à vous mais il est des choses qui ne se disent pas, elles ne peuvent que se deviner...

            Ma chère Tante, je vous prie de bien remercier ma chère petite Marie pour sa charmante et si AFFECTUEUSE petite lettre, elle m'a fait un plaisir extrême. Merci aussi à ma petite Jeanne CHERIE de penser à sa petite soeur.

            Au revoir, ma petite Tante chérie, je vous prie d'embrasser pour moi mon cher oncle, je vous envoie, ma chère Tante, les meilleurs souhaits que je vous aie jamais adressés car c'est lorsque l'on est séparé de ceux qu'on aime que l'on sent toute l'affection qu'on a pour eux.

 

Votre petite fille

Thérèse

e.m.