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LT 37 - A Marie Guérin - 25 Novembre 1887

Florence, Vendredi 25 novembre 87


            Ma chère petite Marie,

 

            Le temps marche bien vite, encore quelques jours et nous serons réunies, j'espère que d'aujourd'hui en huit nous serons avec vous.

            Je te promets que je quitterai avec plaisir toutes les merveilles de l'Italie, tout cela est bien beau mais je ne puis oublier ceux que j'ai laissés à Lisieux, il y a comme un aimant qui m'y attire, aussi j'y reviendrai avec beaucoup de plaisir.

            Tu ne sais pas la joie que m'a causée ta gentille lettre. J'ai été bien heureuse que tu me parles de la fête de ma chère Tante, j'étais en esprit auprès de vous, en ce moment il n'y avait plus de distance entre Rome et Lisieux. Tu as bien fait de me dire le cadeau que ma Tante t'a donné, car je n'aurais jamais pu le deviner, quelle belle surprise !

            Je ne te parle pas de ma visite au Souverain Pontife, je pense que vous en avez eu des nouvelles par le Carmel. J'ai eu bien de la misère, mais puisque c'est la volonté du Bon Dieu...

            J'espère, ma petite soeur chérie, que tu vas bien vouloir continuer de prier pour moi, j'ai beaucoup de confiance dans tes prières, il me semble que le Bon Dieu ne peut rien te refuser.

            Tu te plaignais que ta lettre était mal écrite. Vraiment, si tu es si difficile je n'oserai plus t'envoyer les miennes qui sont de véritables griffonnages. Je pense bien souvent à toi, à vous tous, si souvent que j'en rêve la nuit, je voudrais déjà être auprès de vous.

            Il y a bien longtemps que nous n'avons eu de nouvelles du Carmel, j'ai peur qu'il n'y en ait d'égarés.

            Hier nous avons été à Assise. En revenant d'une Eglise je me suis trouvée toute seule et sans voiture, il n'y avait plus que celle de M. Révérony. Il m'a fait monté avec lui ; il était très aimable, il n'a pas voulu que je paie ma place. Il ne m'a pas du tout parlé de mes affaires, je ne sais ce qu'il pense de l'audience.

            Je vois que je mets des Il à n'en plus finir, ma lettre est drôlement tournée.

            Remercie bien ma tante de sa lettre, elle m'a tellement touchée que je ne pourrais pas le dire. Embrasse pour moi tous ceux j'aime.

 

Adieu petite soeur chérie

à Bientôt au revoir

Thérèse.