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LT 91 - A soeur Marie du Sacré-Coeur - fin mai 1889

Fin mai 1889

J.M.J.T.   

Jésus

Lion chéri, merci, merci !... Que voulez-vous que vous dise le pauvre agnelet ?... N'a-t-il pas été instruit par vous... Rappelez-vous le temps où, assise sur la grande chaise, me tenant sur vos genoux, vous me parliez du ciel... je vous entends encore me dire : «Regarde les marchands comme ils se donnent du mal pour gagner de l'argent, et nous, nous pouvons amasser des trésors pour le ciel à chaque instant sans nous donner tant de mal, nous n'avons qu'à ramasser des diamants avec un RATEAU.»

Et je m'en allais le coeur rempli de joie, plein de bonnes résolutions !... Peut-être, sans vous, ne serais-je pas au Carmel !...

Le temps a passé, depuis ces heureux moments écoulés dans notre doux nid... Jésus est venu nous visiter... Il nous a trouvés dignes de passer par le creuset de la souffrance...

Avant mon entrée au Carmel, notre incomparable Père disait en me donnant au bon Dieu : «Je voudrais bien avoir quelque chose de mieux à offrir au bon Dieu.» Jésus a écouté sa prière... ce quelque chose de mieux, c'était lui-même !... Quelle joie pour un moment de souffrance... C'est le Seigneur qui a fait cela... Et le Seigneur aime incomparablement mieux Papa que nous ne l'aimons. Papa, c'est le petit enfant du bon Dieu ; le bon Dieu, pour lui épargner de grandes souffrances, veut que nous souffrions pour lui !...

C'est à nous de le remercier !...

Lion chéri, la vie passera bien vite, au Ciel cela nous sera bien égal de voir que toutes les reliques des Buissonnets auront été transportées ici et là !... Qu'importe la terre ?...

Votre petite fille que vous avez élevée !...

 

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus de la Ste Face
nov.carm.ind.