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De sœur Marie-Dosithée Guérin à Mme Guérin, sa belle-sœur - le 30 Mai 67 - jour de l'Ascension

De sœur Marie Dosithée  Guérin à Mme Guérin, sa belle-sœur.

V +  J

                                                                                         De notre Mère du Mans

                                                                                         le 30 Mai 67 - jour de l'Ascension

                                                            

Chère sœur

Vous avez peut-être été étonnée de mon long silence, mon intention était de vous écrire après Pâques, c'est le voyage de Zélie qui m'a retardée, elle devait venir me voir beaucoup plus tôt et je désirais vous en donner des nouvelles. Elle est donc arrivée et repartie avant-hier.

Sa visite m'a produit une impression de tristesse qui me durera longtemps, elle a tant de tourment avec son point d'Alençon, sa santé est loin d'être bonne, ajoutez à cela un travail assidu, se coucher [I v°) tard et se lever dès 5 heures le matin; il lui faudrait une bonne, qu'elle aura bien de la peine à trouver, celle qu'elle a maintenant s'occupe beaucoup de ses enfants et est  polie et d’un bon caractère, ce qui est déjà beaucoup (il s'agit de Louise Marais), mais d’un désordre extrême ; de façon que tout est sans dessus dessous chez ma pauvre sœur qui n’a guère de temps de s'en occuper, je voudrais bien trouver une personne de confiance à lui procurer.

J'ai trouvé ses petites filles gentilles, Léonie très turbulente, mais ce sont souvent les meilleures; enfin il lui faut de la patience, et je me trouve beaucoup plus heureuse qu'elle, qui pourtant ne voudrait pas changer avec moi.

Chère petite sœur vous m'avez fait bien plaisir dans votre dernière lettre, de m'apprendre votre rétablissement, je vous en prie tenez-moi bien au courant de votre santé et de celle de mon cher Isidore; je suis heureuse de votre bonheur et passe ma vie à remercier Dieu (2 r°] des grâces qu'Il accorde à toute ma famille et particulièrement de ce que ce cher frère a trouvé en vous la compagne que je lui désirais depuis si longtemps, et qui en faisant son bonheur ici-bas, contribuera encore à sa félicité éternellement. J'ose vous demander une petite part dans vos prières et dans vos affections, vous pouvez être assurée de la trouver de ma part, le cloître ne détruit pas les affections, au contraire il les perfectionne en les sanctifiant.

Chère sœur je serais bien heureuse que vous voulussiez bien accepter une introduction à la vie dévote  (Œuvre de saint François de Sales publiée en 1608) que N. T. Mère  m'a permis de vous offrir, ayez la bonté dans votre première lettre de me dire si vous en avez une.

Ma santé quoique faible est très bonne; il n'en est pas de même pour tout le monde N. T. h. Mère est toujours souffrante et depuis le commencement de l'année elle a presque toujours été à l'infirmerie, c'est une grande croix pour nous quoique j'espère pourtant qu'elle va se rétablir, nous (2v°) faisons une grande neuvaine qui j'espère sera exaucée.

Chère sœur répondez-moi le plus tôt possible et donnez-moi de vos nouvelles et de celles de mon frère, surtout de son avancement dans le bien. En attendant je vous embrasse de tout mon cœur et suis toujours

 

Ta Sœur affectionnée

Sr Marie Dosithée Guérin

De la Von Ste Marie

     D. S. B.

 

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