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Dernières Paroles MSC - Juillet

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DE MSC 1

8 juillet 1897

A propos d'une novice qui la fatiguait beaucoup, je lui dis : "C'est pour vous un fameux
combat ! En avez-vous peur ?"

- Un soldat n’a pas peur du combat et je suis un soldat.

(Après avoir grondé la même novice)

- Est-ce que je n’ai pas dit que je mourrai les armes à la main ?

- Le «Voleur» est bien loin, il est
DE MSC 2-3

allé voler d’autres enfants !

- Nous sommes au 8 juillet et, le 9 Juin, je voyais le Voleur. Si c’est comme cela qu’il
fait, il n’est pas prêt de me voler...

- on m’a mise «dans un lit de malheur», dans un lit qui fait manquer le train.

Elle faisait allusion à Mère Geneviève, qui, dans ce même lit, avait reçu trois fois
l'Extrême Onction.

9 juillet 1897

Après la visite du médecin qui la trouvait mieux.

- Le «Voleur» est encore parti ! Enfin comme le bon Dieu voudra !

12 juillet 1897

- Si vous deviez recommencer votre vie, comment feriez-vous ?

- Je ferais comme j’ai fait.

13 juillet 1897

- Si vous saviez comme je fais des projets, comme je ferai de choses quand je serai au
Ciel... Je commencerai ma mission...
- Quels projets avez-vous donc ?
- Des projets de revenir avec mes

DE MSC 4-5

petites soeurs, et d’aller là-bas pour aider les
missionnaires, et puis empêcher les petits sauvages de mourir avant d’être baptisés.

Je lui disais que lorsqu'elle serait partie je n'aurais plus le courage, il me semble,
d'adresser un mot à personne, que je resterais dans un état de prostration.

- Ce n’est pas selon la loi évangélique. Il faut se faire tout à tous.

Réjouissez-vous, vous serez bientôt affranchie des peines de la vie !

- Moi qui suis un soldat si vaillant !

- petite marraine que faut-il qu'elle fasse ?

- Qu’elle s’élève au-dessus de tout ce que disent les soeurs, de tout ce qu’elles font.
Il faut que vous soyez comme si vous n’étiez pas dans votre monastère, comme si vous ne
deviez passer que deux jours ici. Vous vous garderiez bien de dire ce qui vous déplaît puisque
vous devez le quitter.

(Comme je finissais d'écrire ces paroles pendant qu'on sonnait le Salve)

- Il vaudrait mieux, à beaucoup près, perdre cela et faire un acte de régularité. Si on
savait ce que c’est !

DE MSC 6-7

16 juillet 1897

 Si le bon dieu me disait : «Si tu meurs tout de suite, tu auras une très grande gloire.
Si tu meurs à 80 ans, ta gloire sera bien moins grande, mais cela me fera beaucoup plus de
plaisir.» Alors je ‘hésiterais pas à répondre : - Mon Dieu, je veux mourir à 80 ans, car je ne
cherche pas ma gloire, mais seulement votre plaisir.
Les grands saints ont travaillé pour la gloire du bon Dieu, mais moi qui ne suis qu’une
toute petite âme, je travaille pour son unique plaisir, pour ses fantaisies et je serais heureuse
de supporter les plus grandes souffrances, même sans que le bon Dieu le sache, si c’était
possible, non pas afin de lui donner une gloire passagère mais si je savais seulement que par
là, un sourire pût effleurer ses lèvres.

25 juillet 1897


«En me penchant un peu, je voyais par la fenêtre le soleil couchant qui jetait ses
derniers feux sur la nature, et le sommet des arbres

DE MSC 8-9

paraissait tout doré. Je me disais alors:
Quelle différence si on reste à l’ombre ou, qu’au contraire, on s’expose au soleil de l’amour...
Alors on paraît tout doré. C’est pour cela que je parais toute dorée. En réalité je ne le suis pas
et je cesserais de l’être immédiatement si je m’éloignais de l’amour. »

28 juillet 1897

Nous disions que cela nous coûterait beaucoup de perdre nos récréations pour tout
autre que pour elle. Elle répondit aussitôt :

- Et moi j’aurais été si heureuse de le faire ! Puisqu’on est sur la terre pour souffrir, plus
on souffre, plus on est heureux... On pratique bine plus la charité en obligeant une personne
qui vous est moins sympathique.
Oh ! qu’on sait mal arranger ses petites affaires sur la terre !
Je lui disais : qu'on est heureux de mourir après avoir passé sa vie dans l'amour.

- Oui, mais il faut aussi ne pas manquer à la charité envers le prochain.

DE MSC 10-11

29 juillet 1897

Je lui disais qu'une certaine petite musique de la Ste Marthe avait été pour elle une
occasion de mérites : Elle reprit ausstôt :

- Pas de mérites ! Faire plaisir au bon Dieu... Si j’avais amassé des mérites, je serais
désespérée tout de suite !

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