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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline - 26 avril 1889

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline. 26 avril 1889

 

Jésus !

Ma Céline chérie,

Je viens fêter tes vingt ans ! Tes vingt ans si obscurcis par les larmes ! Je devrais dire si brillants, si radieux, si pleins d'espoir... Oh! oui si la terre pour toi n'a que des épines les roses fleurissent du côté du ciel... Elles s'épanouissent à l'envi par delà la voûte azurée. Mais Jésus nous cache tous ces trésors, il nous [1v°] cache nos richesses afin de les multiplier. Petite sœur l'exil passera ! Mais le ciel jamais ! Pour un moment de souffrance, une éternité de bonheur et à chaque souffrance une nouvelle éternité. Pensons-y bien et profitons de notre épreuve. C’est une grâce de choix, une grâce d'élu, le gage le plus certain de l'amour de Jésus pour nous. Il nous convie à porter la croix avec Lui et certes elle n’est pas encore aussi lourde [2 r°] que la sienne.

Quand nous donneras-tu des nouvelles de notre cher petit père? J'en ai faim.

Courage mon Célin chéri ! Pense à ce verset des psaumes : « Ils allaient et pleuraient, répandant des semences, ils reviendront joyeux chargés des gerbes qu’ils auront recueillies. (Ps. 125, 6).» Ah ! dans le sillon de ta vie, quelle merveilleuse récolte en cette année qui vient de s'écouler !

Adieu petite sœur chérie, je t'aime bien tendrement et cette épreuve rapproche [2 v°] encore plus nos cœurs. Nous souffrons de la même peine, nous vivons de la même vie en attendant le ciel !

M. du Sacré-Cœur

Le petit lit de fer ne vient pas vite. (un lit des Buissonnets qu'on va donner au Carmel).

[2 v° tv] Je ferai la Communion pour toi dimanche.Comment pourrait-on serrer sur sa poitrine Jésus crucifié sans être piqué des clous et des épines qui le transpercent ?

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