Imprimer

De Marie Martin à Marie-Louise Morel - 24 octobre 1875.

De Marie Martin à Marie-Louise Morel. 24 oct. 1875. .

 

L'heure s'avance où il va falloir que je m'occupe de Céline, car c'est moi qui suis chargée de l’instruire ..... pour quelque temps seulement. Elle est encore trop jeune et trop délicate pour aller en pension, et je vous assure que je suis tout heureuse et toute fière de ma mission. Elle sait déjà lire et écrire passablement. Maintenant elle apprend un peu de catéchisme et d'histoire sainte, cela m'amuse beaucoup de lui montrer, c'est une véritable distraction pour moi lorsqu'elle n'est pas méchante. Mais, trop souvent, Thérèse vient troubler par sa présence nos sérieuses études. Elle entre, sans faire de bruit, dans ma chambre pour se donner le plaisir de renverser mon encrier ou mes plumes, s'empare des livres qui lui tombent sous la main, puis se sauve comme une petite voleuse. Lorsqu'elle revient, c'est pour taquiner sa sœur en répétant d'une petite voix moqueuse chacun des mots que cette pauvre Céline apprend avec tant de peines. Enfin, c'est un joli lutin que notre bébé. Cette petite drôlette de Thérèse est gentille, maligne, et mignonne tout à la fois.

Alençon, 24 octobre 1875

Retour à la liste des correspondants