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De sœur Agnès de Jésus à Céline - 27 mars 1889.

De sœur Agnès de Jésus à Céline 27 mars 1889.

 

J.M.J.T.

Mon petit Célin chéri,

Nous recevons ta lettre à l'instant. Notre épreuve continue et s'augmente ! puisque l'espoir de revoir notre Père chéri semble presque perdu du moins pour le moment. Ah! ne perdons pas courage, prions surtout [ 1 v°]pour ce Père bien aimé, tant tant affligé ! Tous ces bruits qu'il entend, je trouve que c'est un martyre... Enfin ne désespérons pas du Seigneur ! Disons-Lui avec une sainte religieuse de la Visitation (Mère Chappuis) dont je lis la vie en ce moment : « Seigneur je ne ressens que bonheur de ce que vous faites, je ne pourrais pas avoir plaisir d’autre [2 r°] chose ; je sens que vous ne faites que ce que j'aime. »

Ma Céline chérie du courage... tout passe ! ... « Voici pour nous le temps de grâce et les jours de salut (2 Co. 6, 2) » et puis en ce moment tout doit nous faire ressouvenir de la Passion de Jésus. (le dimanche de la Passion tombe le 7 avril).

... Souffrons en union avec Lui et pour Lui... le temps de jouir viendra, temps éternel qu'aucune vicissitude ne troublera plus !

[2 v°] Adieu ma chérie, je voudrais t'en écrire pluslong mais impossible ! ...

Je t'embrasse bien fort ainsi que ma petite Léonie.

Sr Agnès de Jésus

r.c. ind.

Ne donne pas la lettre à Papa si tu crois lui faire de la peine, je n'ai pas osé écrire.

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