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De Mme Guérin à Céline - 5 mars 1889. Fragment

De Mme Guérin à Céline, 5 mars 1889. Fragment

 

Lisieux, le 5 Mars 1889.

Ma chère petite Céline,

Ta lettre nous a navrées [sic] ton Oncle et moi. Notre coeur saignait en lisant tes lignes. Je suis allée aussitôt au Carmel porter ta petite lettreet donner connaissance à tes Sœurs de celle que tu nous écrivais. Ton oncle avait besoin de savoir ce que tes Sœurs pensaient, car ta lettre l'a profondément touché.

Si l'on n'écoutait que son coeur dans de pareils moments on volerait vite au secours de ceux que l'on aime et dont on ressent si vivement la peine.

Tes Sœurs sont navrées aussi, rien en effet n'est plus déchirant et je comprends combien vous devez souffrir toutes les deux. Nous avons longtemps parlé tes sœurs et moi et, comme toi, nous n'avons trouvé de remède que dans la prière.

Il n'est pas possible que le bon Dieu vous abandonne, et comme nous le disions tantôt au Carmel, c'est souvent au moment où il semble nous abandonner qu'il est le plus près de nous. La croix qu'il nous fait porter est bien lourde, il semble que nous allons succomber, mais il viendra à notre secours, confions-nous en Lui. Il n'a pas épargné son propre Fils lorsqu'il était sur la terre et pourtant il l'aimait infiniment C'est donc parce qu'il vous aime qu'il vous envoie une si grande épreuve.

Ma pauvre petite Céline, je voudrais te dire quelque chose qui te console et te fasse du bien, mais je sens que je suis tout à fait impuissante. Je n'ai que ma profonde affection, c'est tout ce dont je dispose, mais elle vous est bien acquise. Dieu se chargera de mettre du baume sur votre pauvre coeur blessé.

Je l'en prie bien ardemment.

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