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Comment lire un récit de miracle

 

Comment lire aujourd'hui un récit de miracle ?


Un genre littéraire


Les récits de miracles ne sont pas, loin de là, propres au christianisme. Dans le cadre chrétien, ce sont les miracles de Jésus, tels qu'ils sont racontés dans le Nouveau Testament, qui servent de référence et de modèle…

On peut cependant relever des traits communs à tous les récits de miracles, quelles que soit les traditions religieuses dans lesquelles ils s'insèrent :
-    L'expression d'un sentiment de puissance qui dépasse l'homme.
-    Une expérience de gratuité à travers l'irruption de l'extraordinaire dans la vie ordinaire.
-    Un réconfort pour les malheureux, encouragés à croire que l'on peut vaincre le malheur, la fatalité, l'impossible.

Les récits de miracles ont également en commun une structure, c'est-à-dire une forme de récit particulière, organisée en trois moments :

-    La présentation du malade et de sa demande de guérison
-    L'acte de guérison
-    Le chœur d'admiration (action de grâce)

On tente parfois, également, d'élaborer des typologies, c'est-à-dire des classements par type de miracle : miracles sur les personnes (guérisons, conversions), miracles sur la nature (miracles matériels, miracles météorologiques). Tous les miracles, cependant, concernent des personnes, et tous, par définition, relèvent de l'impossible.

En fait, ce qui caractérise avant tout le récit de miracle, c'est la notion de franchissement d'une limite réputée infranchissable (G. Theissen, Urchristliche Wundergeschichten, Gütersloh, 1974).

Foi et récit


Le Magistère (Vatican I, De fide, can. 3034) n’impose pas de croire à tel miracle de Jésus, mais de croire que Jésus a fait des miracles. L'Église catholique laisse donc au croyant la possibilité de procéder à une étude critique des divers récits parvenus. En effet, un récit de miracle n'est jamais considéré comme le rapport objectif d'un simple prodige, mais une interprétation. Dès lors, ce qui parut un prodige aux yeux des contemporains peut ne plus l’être à nos yeux ; il n'en demeure pas moins un récit de miracle, une forme littéraire qui veut produire du sens.

D'après Xavier Léon-Dufour, « Miracle », Catholicisme, t. IX, Paris, Letouzey et Ané, 1982, col. 252 – 269 et
du même auteur (éd.) Les miracles de Jésus selon le Nouveau Testament, Paris, éd. du Seuil, 1977.

Antoinette Guise


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