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Les pluies de roses


Une collection de miracles unique en son genre :  

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                          les PLUIES de ROSES

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La Pluie de Roses est une collection de récits de miracles unique en son genre. Publiée entre 1907 et 1926, en 10 volumes dont 7 chronologiques, 2 thématiques et un florilège, elle présente plus de 3200 témoignages de grâces et de guérisons obtenues par l'intercession de sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, avant sa canonisation.


Ces récits ne sauraient être comparés aux quelques dizaines de miracles reconnus à Lourdes, ou aux quelques miracles reconnus par Rome lors de la canonisation d'un saint. Ils doivent être plutôt lus comme des témoignages d'action de grâce, puisqu'ils sont rédigés par les bénéficiaires ou les témoins de la grâce reçue, et classés par ordre chronologique, dans le but de montrer que la Pluie de Roses gagne chaque année en intensité, à mesure que la notoriété de Thérèse se répand. Ils prennent place, en effet, dans le cadre du procès de canonisation de Thérèse, préparé dès 1907, ouvert en 1910 et clos en 1925. Cette procédure imposait en effet à ses défenseurs de prouver la réputation de sainteté de Thérèse, et les récits de miracles envoyés au carmel de Lisieux ont été précieusement conservés à cet effet. L'édition de la Pluie de Roses répond au même impératif.


Les récits publiés sont donc des récits reçus à Lisieux, et publiés après une enquête sommaire, afin d'établir le maintien de la grâce obtenue, et aussi que les témoins et acteurs sont dignes de foi. Le document final est publié après corrections de forme, et avec l'autorisation des bénéficiaires de la grâce, qui ont parfois demandé l'anonymat. Une telle masse visait à montrer les qualités de Thérèse comme intercesseur et, en conséquences, l'excellence de sa « petite voie » et la sainteté de sa vie : la Pluie de Roses est intimement liée à la dynamique de la confiance vécue et enseignée par Thérèse. Elle visait également à encourager la prière d'intercession, en s'attachant à présenter, dans chaque volume, un éventail complet de tous les maux physiques, spirituels, moraux et matériels soulagés par la petite sainte, sans négliger l'évocation de phénomènes extraordinaires tels que les apparitions ou encore les parfums. Aux yeux des carmélites de Lisieux, la Pluie de Roses est une porte d'entrée particulièrement efficace pour introduire à la spiritualité et à la figure thérésienne.


Aujourd'hui, on peut dire que cette série de récits est étonnante davantage par le phénomène éditorial qu'elle a représenté que par la masse des récits recueillis à Lisieux : les sanctuaires ou les saints crédités de milliers, voire de dizaines de milliers d'exaucements post-mortem ne sont pas si rares, alors que la Pluie de Roses – c'est-à-dire cette publication en annales – et le succès qu'elle a rencontré sont tout à fait singuliers. Un tel type de publication, d'ailleurs, n'a pas fait l'unanimité : la Pluie de Roses a été interrompue par Rome lors de l'introduction de la Cause, en 1914. Pendant cette interruption, de nombreux fascicules dactylographiés, relatant les Interventions de sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus pendant la guerre, ont circulé dans les hôpitaux, les aumôneries militaires, les tranchées, mais aussi à l'arrière, tant et si bien que Rome dut, en 1920, autoriser la reprise des annales miraculeuses.


On peut évaluer à 8 000 environs les récits de miracles enregistrés au carmel de Lisieux entre 1898 – date de la publication de l'Histoire d'une âme – et 1925, date de la canonisation. C'est compter sans les grâces évoquées brièvement ou évasivement au détour de la considérable correspondance envoyée à Lisieux durant toutes ces années. Sans compter, non plus, les grâces reçues qui n'ont pas été signalées au carmel.
La première « Pluie de Roses » est éditée au début de l'année 1910, sous le titre Quelques-unes des grâces et guérisons attribuées à l’intercession de sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus morte en odeur de sainteté au Carmel de Lisieux, 1873-1897. - « Pluie de roses ». La page de titre porte en exergue des formules déjà fameuses et sur laquelle se fonde la prière d'intercession :
« Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre »
« Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses »

Ce petit ouvrage fut d'abord publié à 8 000 exemplaires puis connut des rééditions successives, augmentées sous le titre prometteur de Pluie de Roses I. Déjà, dans l'édition de l'Histoire d'une âme  de 1901, une longue note à la fin du livre faisait état des bienfaits dispensés par Thérèse. La voici in extenso : 

« JE VEUX PASSER MON CIEL A FAIRE DU BIEN SUR LA TERRE... APRES MA MORT, JE FERAI TOMBER UNE PLUIE DE ROSES. »
Ces gracieuses promesses, Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus les réalise pleinement, d'une manière touchante et vraiment prodigieuse. Depuis la publication de son « Histoire » — déjà traduite en cinq langues, — nous ne cessons d'en recevoir de toutes parts les témoignages les plus précieux. C'est tantôt la guérison, le soulagement d'un malade; c'est, plus souvent, la guérison, le soulagement, la consolation d'une âme. On vient de loin s'agenouiller sur la tombe de cette élue de Dieu. Des prêtres, de jeunes missionnaires partant pour l'Extrême- Orient ont baisé respectueusement cette terre bénie, en ont emporté des fleurs comme de véritables reliques. Nous ne suffisons pas à contenter les pieux désirs de tous ceux qui demandent un souvenir de la « petite reine », de la « petite sainte Thérèse », de la petite grande sainte », de la « petite fleur. » C'est ainsi que chacun se plaît à diversifier les titres de celle qui fit écrire à de vénérables prêtres, à des religieux éminents :

« Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus est une âme providentielle, sa mission divine est évidente. »
« Cette chère petite sainte est maintenant un remarquable missionnaire, à la parole puissante et irrésistible; elle tient ainsi brillamment sa promesse de « passer son ciel à faire du bien sur la terre. »
« La vie de cette âme écrite par elle-même a un charme qui ne se perdra jamais, et toute âme qui se laissera prendre à cet hameçon ne restera ni dans les eaux de la tiédeur, ni dans celles du péché. »
« Je puis vous affirmer que le Seigneur opère de belles « et grandes choses par le moyen de votre petite sainte ; ici, dans notre séminaire, elle transforme les âmes. »
« Séraphin, elle l'était de visage et d'âme, et l'on peut dire d'elle ce que saint Bonaventure dit de saint François : QU'ELLE ETAIT TOUT ENTIERE UN CHARBON EMBRASE. « L'amour divin est feu et flamme, nous dit le Cantique des cantiques, et Jésus, l'amour substantiel, déclare QU'IL EST VENU JETER CE FEU SUR LA TERRE ET QU'IL VEUT QU'IL S'ALLUME. Le cœur de Sœur Thérèse en est un brandon très ardent, une pure flamme du Paradis, qui a embrasé et embrasera bien d'autres cœurs. Et avec quelle force, et en même temps quelle douceur ! »
« On peut dire d'elle, avec un petit changement dans le texte sacré : ELLE NOUS ENTRAINE, ET NOUS COURONS A L'ODEUR DE SES PARFUMS. Ses parfums, c'est son humilité, c'est sa pureté, c'est son amour pour son Dieu, si tendre, si abandonné, si ardent ! Heureuse victime qui non seulement a été consumée par le feu et les flammes de l'amour divin, mais a encore reçu le don si beau de les communiquer puissamment aux âmes. Les Vies des saints nous racontent ces feux de l'amour divin, la vie de Sœur Thérèse nous les fait voir et sentir; les autres nous donnent envie d'aimer Dieu, mais celle-là met le feu dans l'âme. »

La poésie, elle aussi, par un juste retour, est venue jeter des fleurs sur la tombe de Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus. Citons seulement ce gracieux sonnet :

Jeanne d'Arc et sœur Thérèse de l'Enfant Jésus
Lisieux, sœur de Rouen qui brûla la Pucelle,
Ton Carmel embaumé de la fleur des vertus
Résonne encor des chants qu'à la chaste Immortelle
Prodigua sans compter SŒUR DE L'ENFANT-JESUS.
Si Jeanne, obéissant à la voix des élus,
Par le glaive a sauvé sa terre maternelle,
Thérèse a la prière en mains, et son doux zèle
Au royaume éternel rend ceux qu'il a perdus.
Mais quelle est la plus grande et quelle est la plus pure ?
Laquelle porte au cœur la plus sainte blessure ?
Laquelle est plus aimante et plus martyre enfin ?
O les deux vierges sœurs, ainsi vous consumèrent,
Presque en un même lieu, deux bûchers qu'allumèrent.
L'un la haine d'enfer, l'autre l'amour divin.
                                A. JEANNIARD DU DOT. Nantes, 9 Décembre 1900.

O vous qui avez tant aimé Jésus et les âmes, vous qui nous disiez sur votre lit de mort : « Je n'ai jamais donné au bon Dieu que de l'amour, Il me rendra de l'amour... », votre parole était une prophétie. Oui, nous en sommes les heureux témoins, le Seigneur vous rend de l'amour ! Des milliers de cœurs, qui naguère vous étaient inconnus, aujourd'hui vous vénèrent et vous aiment. Ils font plus : ils appellent de leurs vœux et de leurs prières le jour où la sainte Eglise tout entière honorera votre mémoire bénie... En attendant, consolez ses tristesses présentes, préparez son triomphe, ne vous lassez pas de jeter sur son auguste Chef et sur tous ses enfants votre pluie de roses." Source: Histoire d'une Âme, 1901, p. 483-486.

En 1907, date décisive dans l'histoire de l'Histoire d'une âme, cette note est remplacée par 60 pages de récits de miracles : ce sera la matrice de Pluie de Roses I. Et lorsque commence l'édition à part de la Pluie de Roses, on continuera à trouver ce supplément dans l'Histoire d'une âme jusqu'en 1914 puis, ensuite, un florilège un peu moins copieux, mais contenant des récits plus détaillés, plus frappants et mieux documentés : aux yeux des carmélites de Lisieux, la Pluie de Roses fait partie intégrante de la vie de sœur Thérèse.
Cette publication de récits de grâces indépendamment de l'histoire d'un "serviteur de Dieu" à qui elles sont attribuées semble sans précédent à cette époque, même si les catholiques ont été habitués au miracle moderne par le succès considérable, et durable, des publications sur les miracles de Lourdes.
Chaque volume de Pluie de Roses a son histoire et sa constitution propre, en fonction du contexte de rédaction (les étapes du procès de canonisation) et en fonction des religieuses chargées de son élaboration.


La Pluie de Roses connut même aussi plusieurs versions sur plaques de verres, pour séances de projection! Et aussi une version illustrée, florilège résumant la Pluie de Roses après arrêt de la publication en annales, et est intégrée dans les opuscules à large diffusion tels que sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus. Sa vie. Depuis sa mort (Bar-le-Duc, 1913 ; multiples rééditions, 60 p., avec illustrations). La  deuxième partie "Depuis sa mort" met en évidence les temps forts de la vie posthume, autour des récits de miracles et du rythme soutenu de la procédure de canonisation.


La promotion de Thérèse thaumaturge, cependant, ne s'est pas faite uniquement par les publications du carmel. D'abord parce que les récits publiés mettent en évidence l'importance du bouche-à-oreille dans le développement de cette réputation, et la volonté de chacun de faire connaître les grâces reçues. Ensuite parce que la presse catholique, générale ou spécialisée, s'est largement fait l'écho du « phénomène Thérèse », y compris en publiant des récits de miracles, ou des rubriques hebdomadaires d'actions de grâces à sœur Thérèse (La Croix, les Annales de la Propagation de la Foi ou Le Messager du Cœur de Jésus).
La Pluie de Roses ne constitue donc que la partie du phénomène miraculeux thérésien la plus visible aujourd’hui. Les publications du carmel lient constamment et intimement miracles, vie de sœur Thérèse et doctrine, et ces trois éléments constituent trois facettes du phénomène thérésien. Chacun renvoie aux deux autres :  la vie comme prophétie du rôle futur joué sur la terre et comme stimulant pour la propre vie du lecteur, et les miracles comme preuve de l’authenticité de sa vie et de l’efficacité de sa pensée au plan du salut.
L’omniprésence des miracles montre assez qu’ils ne relèvent pas de l’anecdotique : montrer la prolifération du surnaturel autour de Thérèse, c'est montrer l'efficacité particulière de l'enseignement de Thérèse et contribuer à hâter sa canonisation.

Antoinette Guise


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