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De Mme Martin à Mme Guérin CF 25 - 12 janvier 1868.

 

Lettre de Mme Martin à Mme Guérin  CF 25

12 janvier 1868.

J'ai reçu votre lettre ainsi que la caisse renfermant les étrennes des enfants. Je commence par vous gronder, j'en ai le droit: je suis l'aînée. Je vous dirai donc, comme l'année

dernière, que vous n'avez pas raison de faire des dépenses semblables, cela me contrarie, je vous assure, il faut que vous deveniez plus raisonnable à l'avenir.

Quand j'ai vu déballer tout cela, je ne riais pas, je mur­murais; mais il y en avait quatre qui ne faisaient pas comme moi, elles riaient bien fort et étaient bien surprises de voir que je n'étais pas contente, surtout Marie et Pauline qui vous trouvent si riches, si riches qu'elles n'en reviennent pas, elles ne cessent depuis jeudi de parler de votre fortune !

Aujourd'hui, nous avons eu fort à faire avec toutes ces belles choses; il y a eu exposition des jeux et une dînette complète pour étrenner le joli ménage en porcelaine; cela a duré près de deux heures. Les enfants n'ont jamais eu tant de plaisir, Pauline disait ce soir: « Oh ! que c'est dommage que la journée soit finie, je voudrais être encore à ce matin ! » Je n'étais pas entièrement de son avis, car j'ai eu un rude combat; je suis seule depuis trois jours avec toute cette petite marmaille; la bonne est dans sa famille, j'ai avec cela un rhume terrible qui me donne la fièvre. C'est à peine si je puis me tenir debout; heureusement que j'ai la domestique de mon père qui m'aide un peu. Mon petit Joseph pousse comme un champignon.

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