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De Mme Martin à Mme Guérin CF 47 - 11 juillet 1869.

 

Lettre de Mme Martin à Mme Guérin CF 47

11 juillet 1869.

Je suis très contente que Marie, malgré son jeune âge (dont la première Communion fut avancée pour des raisons de santé), ait fait sa première Communion, si vous saviez comme elle était bien disposée; elle avait l'air d'une petite sainte. M. l'Aumônier m'a dit qu'il était fort satisfait d'elle, il lui a décerné le premier prix de catéchisme.

J'ai passé au Mans les deux plus belles journées de ma vie, j’ai rarement ressenti autant de bonheur. Ma soeur se trouvait mieux, Marie me disait qu'elle avait tant prié pour sa tante qu'elle était sûre que le bon Dieu l'exaucerait...

J'ai remarqué que notre pauvre soeur ne voyait pas du tout son état. La Mère Supérieure est venue me parler, et m'a envoyé dire à plusieurs reprises qu'il fallait la rassurer et lui laisser croire qu'elle n'était pas dangereusement malade. J'ai demandé aux Sœurs ce qu'elles en pensaient. D'après ce que j'ai constaté et ce que M. l'Aumônier m'a dit, il y a des craintes sérieuses; elle a un poumon bien malade, mais cependant, le médecin ne désespère pas tout à fait; il pense qu'avec de grands soins cela pourrait peut‑être se cicatriser.

Il me tarde de vous revoir, ainsi que la petite Jeanne. Je ferai tout mon possible pour vous procurer des délas­sements. Nous irons à la campagne. Comptez que vous resterez au moins quinze jours avec nous. Mais je voudrais bien que mon cher Isidore vienne aussi, sinon, cela me fera beaucoup de peine.

La petite Céline se porte à merveille. Elle commence à gazouiller, elle est déjà bien avancée. Voilà quinze jours que je ne l'ai vue, car elle est en nourrice; je me dispose à y aller; il fait cependant bien chaud, mais je n'avais jamais été si longtemps sans la voir.

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