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De Mme Martin à Mme Guérin CF 55 - 1er mai 1870.

 

Lettre de Mme Martin à Mme Guérin CF 55

1er mai 1870.

...Je reprends la petite Céline le 21 de ce mois. J'ai été la voir le mardi de Pâques et j'ai remarqué que la nourrice ne l'allaite presque plus et qu'elle lui donne une nourriture trop grossière: elle lui fait bouillir du gros pain dans du lait. Cette pauvre petite en a pris devant moi deux ou trois cuillerées, elle ne peut avaler cela.

Enfin, je n'ai rien de mieux à faire, je crois, que de la ramener bien vite à la maison. Quelle misère d'être obligé de mettre ses enfants à la campagne. Aussi, je ne veux plus en entendre parler. Je suis toute décidée à garder celui qui viendra au mois d'août. Ce qui me contrarie, c'est que je serai bien longtemps sans aller vous voir et cela m'empê­chera d'être marraine; je m'en faisais pourtant une grande fête.

Je vous remercie mille fois de la belle robe que vous m'envoyez pour la petite Céline. Je vais lui faire faire une petite capote assortie. Elle sera jolie comme un amour.

J'ai reconduit mes petites filles [Marie et Pauline] vendredi au Mans; la tante se porte très bien. Elle s'est beaucoup informée de vous et me charge de vous faire ses amitiés. Marie a encore la croix d'Excellence ce trimestre‑ci. Je suis bien privée de mes deux aînées. Vous ne pouvez vous imaginer ce qu'il m'en coûte de les éloigner de moi, mais il faut savoir faire des sacrifices pour leur bonheur.

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