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De Mme Martin à Mme Guérin CF73 - 5 novembre 1871.

 

Lettre de Mme Martin CF 73

A Mme Guérin

5 novembre 1871.

...La dernière lettre de mon frère m'a bien soulagée, car j'étais d'une tristesse que je ne pouvais surmonter. J'ai vu que vous étiez tous les deux résignés à la volonté du bon Dieu qui vous a privés de votre cher petit ange, pour le mettre tout de suite au nombre des bienheureux. Vous êtes affligés, sans doute, d'avoir perdu sur la terre un beau petit enfant, mais heureux d'avoir un ange au Ciel. Ces deux sentiments: la douleur et la joie, se confondent souvent en moi; on sait que la vie est courte et que bientôt on les reverra.

Pour mon compte, j'ai peur que ce ne soit plus tôt que je ne voudrais, car je me sens très fatiguée depuis quelque temps et, malgré l'extrême désir que j'ai de revoir mes quatre petits anges, je préfère en être privée plus longtemps, sachant qu'ils n'ont pas besoin de moi, pour rester avec les quatre qui me restent et à qui je suis encore utile, il me semble.

Voilà les vêpres qui sonnent; au revoir, ma chère soeur. En attendant de vos nouvelles, je vous embrasse de tout cœur.

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