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De Mme Martin à Mme Guérin CF 78 - 24 avril 1872.

 

Lettre de Mme Martin CF 78

A Mme Guérin

24 avril 1872.

Je suis heureuse d'apprendre votre entier rétablissement; je pensais bien que le beau temps vous remettrait tout à fait, mais mon frère avait raison de tenir à ce que vous alliez à Trouville, vous avez besoin de l'air de la mer pour vous redonner des forces.

Maintenant, je suis dans l'esclavage le plus complet, à cause des commandes qui se succèdent et ne me laissent pas un instant de repos. J'ai près de cent mètres de Point d'Alençon à faire fabriquer. J'ai reçu encore, la semaine  dernière, pour plus de quinze mille francs de commandes.

Le courrier d'hier m'a apporté une lettre des deux petites filles et de ma sœur; celle‑ci me gronde fort, parce que je lui avais écrit que je ne trouvais pas les vacances de Pâques assez longues. Cette pauvre soeur a bien du mal avec nous; moi, je ne suis pas contente et, d'un autre côté, les enfants ne peuvent s'habituer. A chaque rentrée, ce ne sont que pleurs et lamentations, il faut qu'elle les menace de les renvoyer pour les apaiser. Je ne suis guère plus raisonnable, j'ai du mal à me passer de mes petites, et si ce n'était pas pour leur bien, je n'aurais pas le courage de m'en séparer.

Vous me parlez de la quête que l'on a faite à Lisieux, pour les indemnités de guerre; elle a eu lieu aussi à Alençon voici un mois, avec cavalcade et bal masqué; ce n'était pas très édifiant, surtout pendant le Carême, mais nos Alençon­nais n'y regardent pas de si près. Il paraît qu'ils y prennent goût et qu'ils vont recommencer prochainement.

I1 faut, ma chère Sœur, que vous m'envoyiez votre dentelle, je vous la ferai blanchir à neuf et vous la remettrai en état s'il manque quelque chose. Je me ferai un vrai plaisir de vous rendre ce petit service, je voudrais avoir l'occasion de vous en rendre de plus grands.

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