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De Mme Martin à Mme Guérin CF 83 - 15 décembre 1872.

 

Lettre de Mme Martin CF 83

A sa Belle‑Soeur

15 décembre 1872.

J'attends maintenant tous les jours mon petit ange, et je suis bien perplexe, car je n'ai pas encore trouvé de nourrice.

J'en ai vu plusieurs, mais qui ne convenaient que bien imparfaitement et mon mari n'a jamais pu se résoudre à en prendre une. Ce n'est point pour le prix, c'est parce que nous craignons d'introduire chez nous des gens peu convenables, comme le sont en général toutes les nourrices d'aujourd'hui.

Quant à prendre une seconde bonne, qui me donnerait du tracas et ne soignerait pas mon enfant comme je le voudrais, je préfère me tenir tranquille. Si le bon Dieu me faisait la grâce de pouvoir l'allaiter, ce ne serait qu'un plaisir de l'élever. Moi, j'aime les enfants à la folie, j'étais née pour en avoir, mais il sera bientôt temps que cela finisse. J'aurai quarante‑et‑un ans le vingt‑trois de ce mois, c'est l'âge où l'on est grand-mère !

Je ne vous écrirai probablement pas avant la naissance de mon bébé, j'espère qu'elle aura lieu aux environs de Noël et je compte bien que ce sera moi qui vous l'annoncerai.