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De Mme Martin à Mme Guérin CF 191 - 4 mars 1877

 

Lettre de Mme Martin CF 191

 

 A sa Belle‑Sœur 4 mars 1877. Je reçois ce soir, par Melle  Pauline Romet, un petit paquet contenant les objets désignés dans la lettre de la Supérieure; cette lettre, je vous l'envoie, avec celle de Pauline, qui est touchante; je suis heureuse qu'elle ait été à la Visitation pour ce moment, c'est vrai qu'elle a eu plus de peine, mais j'aurais bien voulu avoir cette peine‑là. Ici, je me suis trouvée avec tant de distractions que j'en souffrais au fond du cœur J'ai été surmenée par les toilettes de deuil et les visites des personnes à qui j'avais fait part de la mort de notre chère Visitandine; quelle semaine d'agitation ! Nous partagerons les reliques de ma soeur; je voudrais bien garder le chapelet, afin de m'en servir quand je serai malade pour tout de bon. Vous prendrez ce que vous voudrez parmi les autres souvenirs, bien que je désirerais garder le tout jusqu'à ma mort, pour avoir la croix qui a reçu son dernier baiser. L'Ecce Homo qui était dans sa cellule, vous me le prêterez, n'est‑ce pas ? En attendant, je vous l'enverrai à la prochaine occasion. Quant aux cheveux, j'en garderai très peu et je vous donnerai le reste, ainsi que les images. Je souffre un peu plus depuis quelques jours, mais ce n'est pas encore aigu. Je voudrais bien revoir le docteur Notta, car je n'ai pas autant de confiance en M. X., à beaucoup près. Je vous mets un petit article de journal que Mme Deverny m'a envoyé, car il fallait bien que je lui raconte mon affaire, pour qu'elle me laisse tranquille avec ses commandes. Cela ne l'a pas empêchée de me donner quinze mètres de dentelle à faire en quatre mois; il faudra donc que je travaille jusqu'à la fin ! Pour les remèdes dont elle me parle, je n'ai point confiance dans les annonces des journaux, et je n'oserai pas me mettre entre les mains de ce sorcier‑là ! Je me suis informée s'il y aurait, dans le diocèse, un pèle­rinage pour Lourdes, mais il n'y en aura pas. Aussitôt que vous en connaîtrez un, dites‑le moi, je le joindrai n'importe où; je ne veux pas y aller en dehors d'un pèlerinage, ou du moins j'attendrai jusqu'à la dernière extrémité.

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