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Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 10 - 14 juillet 1864

 

Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 10

14 juillet 1864

J'ai reçu ta lettre qui m'a fait beaucoup de plaisir. Je suis très contente que tu viennes au mois de septembre. Tu seras là pour le baptême de ta petite nièce Marie‑Hélène. Voilà comment elle s'appelle déjà avant d'être née. C'est Marie qui sera marraine avec un monsieur J., de 45 ans.

J'ai le portrait de mon père et le tien sur la cheminée; ils sont parfaitement réussis et surtout très ressemblants. Pourtant Pauline ne te reconnaît pas. Elle dit: « Voilà bon papa et l'autre, c'est un curé. » C'est ainsi qu'elle t'appelle. Si ça pouvait donc être la vérité ! Je donnerais de bon cœur toute ma part d'héritage pour que tu sois un bon curé, mais cela ne sera jamais. Enfin, on a vu d'aussi grands miracles, mais pas de plus grands !

I1 paraît que tu penses toujours à Mlle X ? Je crois que tu es fou... J'ai une idée fixe. Tu te casseras le cou, soit avec elle ou avec d'autres, car tu ne considères que des choses futiles: la beauté, la fortune, sans t'inquiéter des qualités qui font le bonheur d'un mari, ou des défauts qui causent sa désolation et sa ruine. Tu sais que tout ce qui brille n'est pas or; le principal est de chercher une bonne femme d'intérieur, qui n'ait pas peur de salir ses mains au travail et qui n'aime la toilette que comme il faut l'aimer, qui sache élever ses enfants dans le travail et la piété. Une telle femme te ferait peur; ce n'est pas assez brillant aux yeux du monde; mais les gens sensés l'aimeraient mieux avec rien, qu'une autre avec cinquante mille francs de dot et manquant de ces qualités; enfin, nous parlerons de cela plus tard.

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