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Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 29 - 2 mars 1868.

 

Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 29

2 mars 1868.

Dis à mon père qu'il est attendu avec impatience, surtout par la petite Hélène, qui demande chaque fois qu'elle revient de classe si son bon papa est arrivé. Léonie s'inquiète fort de la petite cousine, elle nous a fait une vie terrible, hier, toute la matinée: elle avait mis dans sa tête de partir pour Lisieux et elle n'a cessé de crier. Il a fallu que son père se fâche et lui dise qu'elle n'irait pas; après, on a eu la paix. Les deux grandes me tourmentent tous les jours, pour savoir combien il y a de temps encore jusqu'aux grandes vacances pour aller vous voir...

Si vous êtes contents de la bonne que je vous ai envoyée, essayez de la conserver, car il est très difficile de bien trouver. Ce n'est pas toujours le gros gain qui assure l'attachement des domestiques; il faut qu'ils sentent qu'on les aime, il faut leur témoigner de la sympathie et n'être pas trop raide à leur égard. Quand les gens ont un bon fond, on est sûr qu'ils servent avec affection et dévouement. Tu sais que je suis bien vive et, cependant, toutes les domestiques que j'ai eues m'ont aimée et je les garde tant que je veux.

Celle que j'ai en ce moment en serait malade s'il fallait qu'elle s'en aille; je suis sûre qu'on lui offrirait 200 francs de plus qu'elle ne voudrait pas nous quitter; il est vrai que je ne traite pas mes servantes moins bien que mes enfants.

Si je te dis cela, ce n'est pas pour me donner en exemple, je t'assure que je n'y pense pas, car tout le monde me dit que je ne sais pas me faire servir. Mme X., en particulier, mais que voulez‑vous, je ne pourrais jamais agir comme elle, je n'essaierai même pas.

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