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Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 44 - 3 février 1869.

 

Lettre de Mme Martin à son frère Isidore CF 44

3 février 1869.

Je suis contente que tu réussisses et que ton chiffre d'affaires augmente. Pour moi, mes affaires vont je ne sais trop com­ment; je fais faire du  « Point », sans savoir si je le vendrai bien, je travaille toujours dans l'espérance, sans trop m'in­quiéter, puisque le bon Dieu a permis que nous ayons main­tenant assez de fortune pour vivre en paix

Quant à ma santé, elle n'est pas mauvaise, ni celle de toute la famille. Voilà bientôt quinze jours que je n'ai reçu de nouvelles des petites du Mans, je suis ennuyée et bien privée de ne pas les voir.

Ne t'inquiète pas de ce que ta petite Jeanne soit très vive, cela ne l'empêchera pas d'être une excellente enfant plus tard et de faire ta consolation. Je me rappelle que Pauline, jusqu'à l'âge de deux ans, était de même, j'en étais désolée, et maintenant, c'est ma meilleure. Il faut te dire que je ne l'ai pas gâtée et que, toute petite qu'elle était, je ne lui passais rien, sans cependant la martyriser, mais il fallait qu'elle cède.

Je pense que ta petite marchera bientôt toute seule, si elle n'était pas si vive, elle le ferait plus tôt; pourtant, toi qui étais malin comme un diable, tu courais comme un lapin à neuf mois !

Je ne sais pas où tu as été chercher que je t'avais dit vouloir accepter quelque chose pour l'enfant qui doit venir ? Je vous ai répété, au contraire, que si vous vous mettiez en frais, vous me feriez le plus grand déplaisir, pour la raison que j'ai tout ce qu'il me faut, et je vous promets qu'il sera très bien habillé. J'ai un trop bon parrain et une trop bonne marraine (M. Vital Romet et Mme Guérin) pour que les choses soient faites à demi.

J'attends ce bébé pour le 20 avril, au plus tôt, on l'ondoiera, car, hélas ! le baptême ne pourra avoir lieu avant le mois d'août ou de septembre.

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