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De Mme Martin à son frère Isidore Guérin CF 75 - 25 décembre 187I.

 

Lettre de Mme Martin CF 75

A son frère Isidore Guérin

25 décembre 187I.

Je suis vraiment désolée que ta pauvre femme soit tou­jours souffrante, mais elle a un calme et une patience bien rares.

Depuis que je suis revenue de Lisieux, j'ai sans cesse mon esprit tourné de votre côté; je regrette qu'ils soient écoulés les heureux moments que j'ai passés avec vous; il me semble que, maintenant, nous serons si longtemps sans nous revoir, cela me parait une éternité. Je compte déjà les mois jusqu'aux vacances, mais j'espère que d'ici‑là, vous viendrez abréger ce temps d'attente.

Louis va s'occuper de ton affaire au sujet de la Droguerie; il est déjà parti en quête d'un directeur, mais je doute de la réussite. Vous avez, cependant, de bons amis à Alençon. J'ai été contente de la conduite de M. Y. à ton égard, je ne m'y attendais pas, j'ai eu tant de déceptions dans ma vie que je ne crois plus guère aux vrais amis.

Et moi qui ai eu la lâcheté de me moquer de Mme Y. J'en ai un regret infini. Je ne sais pourquoi je n'ai pas de sympathie pour elle, elle ne m'a jamais fait que du bien et rendu des services. Moi qui déteste les ingrats, je n'ai donc qu'à me détester, car je ne suis pas autre chose qu'une vraie ingrate. Aussi, je veux me convertir tout de bon et j'ai déjà commencé, car depuis quelque temps, je saisis toutes les occasions pour dire du bien de cette dame. Cela est d'autant plus facile qu'il s'agit d'une excellente personne, valant mieux que tous ceux qui se moquent d'elle, à commencer par moi !

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