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De Mme Martin à son frère Isidore Guérin CF 97 - 4 mai 1873.

 

Lettre de Mme Martin CF 97

A son frère Isidore Guérin

4 mai 1873.

Je ne sais comment trouver le temps de t'écrire, car je suis comme toi bien dans l'embarras; il n'y a que moi qui puisse soigner Marie jour et nuit, et, cependant, j'ai bien d'autres choses à faire. Je ne cesse de monter et de descendre; tu vas me dire:  « Fais‑toi aider »; mais Marie ne veut pas que d'autres que moi la touchent. Jeudi dernier, j'étais obligée de rester à mon Bureau pour recevoir les ouvrières, et il a fallu laisser tout ce monde pour aller à elle; la bonne venait me dire: « Mademoiselle Marie veut que ce soit « Maman ».

Pour en finir, elle ne va pas mieux. Nous sommes désolés, elle dépérit à vue d'œil et si cela continue encore longtemps, je crains qu'il ne se greffe une autre maladie qui nous la ravira.

M. Vital et Melle Pauline sortent d'ici, à l'instant, ils ne l'avaient pas vue depuis huit jours; ils m'ont paru inquiets et l'ont trouvée plus mal que la semaine dernière; son état est pourtant toujours à peu près le même. La fièvre n'a pas augmenté, ni diminué, mais plus elle va, plus elle s'affaiblit.

Je ne sais quand se terminera cette maladie, et si cela continue, je crois que je tomberai malade à mon tour, de fatigue et de peine. Louis part en pèlerinage demain lundi, à pied et à jeun, à quelques lieues d'Alençon, où l'on honore un saint qui guérit la fièvre. Espérons….

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