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De Mme Martin à son frère Isidore Guérin et à sa Belle‑Sœur CF 114 - 11 janvier 1874.

 

Lettre de Mme Martin CF 114

 

A son frère Isidore Guérin et à sa Belle‑Sœur

11 janvier 1874.

. . . Lundi dernier, j'ai été reconduire les enfants à la Visitation, Léonie était enchantée de partir; si elle se plaît 1à‑bas, et qu'on puisse la former, je la laisserai bien des années pensionnaire.

Le bruit court à Alençon qu'il doit arriver de graves événements le mois prochain; je ne crois à rien de toutes ces menaces. Je reçois des lettres de tous côtés, les gros marchands de Paris me supplient de faire du Point d'Alençon, je n'ai jamais vu chose pareille ! On ne se préoccupe même pas de ce que le travail soit bien fait, c'est incroyable.

Je voyais, hier, un des plus forts commerçants de la capitale; mon mari lui demandait si c'était l'étranger qui faisait ainsi marcher le commerce de luxe; il lui a répondu que c'était la France seule et que, depuis la guerre, le luxe était devenu plus grand que jamais !

Mais comment pourrai‑je tenir à faire marcher ainsi une Fabrique, quand il faut tirer l'ouvrage par les cheveux avec les ouvrières, et avoir le soin de mes enfants ? C'est trop, je désire de tout mon cœur que cela change et bien vite. Je préfère être moins riche et avoir un peu de repos.

Ma petite Thérèse marche seule depuis jeudi; elle est douce et mignonne comme un petit ange. Elle a un caractère charmant, on voit cela déjà; elle a un sourire si doux. Il me tarde de l'avoir à la maison.

J'ai reçu une lettre de la cousine Alphonsine (Mlle Alphonsine Macé, cousine germaine de Mme Martin et de M. Guérin. Sa sœur Constance, religieuse, née le IO juin 1846, venait de décéder, le 8 septembre 1873, à Garches, près Paris. Elle avait une autre sœur, la Rév. Mère Marguerite, qui fut Supé­rieure Générale des Sœurs Auxiliatrices de l'Immaculée‑Conception, et mourut à Paris, le I4 janvier 1927), qui me prie de vous envoyer cette image mortuaire. Je crois vous avoir dit que sa sœur était morte et qu'elle avait eu des honneurs extraordinaires à son inhumation. Le Maire a fait voter trois mille francs pour lui élever un monument; il paraît qu'elle était très vénérée et qu'elle faisait beaucoup de bien Elle instruisait les petits enfants et soignait les malades, avec un dévouement remarquable.

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