Imprimer

De sœur Marie de l'Eucharistie à Mr. Guérin. 10 août ? 1897.

 

Mon cher petit Père,

Je ne vais t'écrire que deux mots seulement pour te donner des nouvelles de la petite malade. C'est toujours le même état comme samedi il n'y a pas de changement; voilà plus de huit jours qu'elle n'a craché le sang, espérons que cela va continuer. Seulement la faiblesse augmente toujours ainsi que l'amaigrisse­ment et l'oppression. C'est le matin qu'elle est le mieux, à onze heures elle est prise d'oppression qui lui dure toute la journée jusqu'à minuit, tous les jours la même chose. En somme l'état est assez paisible en ce moment et s'il pouvait continuer ainsi tout le temps de votre voyage, vous pourriez être assez tranquilles. Nous avons vu la dépêche hier soir ; je suis bien contente que votre voyage se soit bien passé, je vous ai suivis par le cœur et quoiqu'étant bien loin de vous j'y suis bien près, et je prie beau­coup fort pour que le traitement fasse bon effet. Il paraît cepen­dant que pendant le temps qu'on suit le traitement on est plus malade et que ce n'est que quelques mois plus tard que l'on s'aperçoit du bien produit; plusieurs personnes me l'ont dit.

Je ne t'en écris pas bien long car je suis pressée par l'heure; sachant qu'il faut un jour et demi je crois pour que les lettres vous parviennent, je désire la mettre ce matin pour que vous ne soyez pas trop longtemps sans nouvelles. Quand il n'y aura pas de lettres du Carmel c'est que l'état de la santé restera toujours stationnaire ; ainsi ne vous tracassez pas si quelquefois j'avais un empêchement pour écrire. Mais soyez tranquilles, je vous écrirai le plus possible. Je t'embrasse mon cher petit Père bien bien bien fort, les mots ne peuvent pas dire à quel degré je vous aime tous les deux et vous embrasse. Si vous pouviez savoir ! !   mais c'est impossible.

Votre petite fille Marie de l'Eucharistie

r.c.i.

Retour à la liste des correspondants