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De sœur Marie de l'Eucharistie à M. Guérin . Vers le 20 septembre 1897.

 

De sœur Marie de l'Eucharistie à M. Guérin . Vers le 20 septembre 1897.

 

+ Jésus                                                   J.M.J.T.

          

         Mon cher petit Père,

       Pour le vin, notre Mère craint vraiment que celui que tu nous as envoyé ne soit trop fort, je crois qu'il serait préférable que tu nous achètes du vin ordinaire puisque n'en faisant pas notre boisson nous ne mettons jamais d'eau dessus. Pour le boire pur, je crois qu'il vaut mieux que ce ne soit pas du vin d'Alger. D'autant plus que lorsque nous en buvons c'est en temps de grande fatigue et alors on ne nous l'épargne pas, ce jour-là on nous en donne plein nos godets, ce qui fait beaucoup plus qu'un verre à vin ordinaire. Il y en a plusieurs qui le trouvent trop fort. Tu sais, les Carmélites ne sont pas habituées à boire des boissons fortes et cela leur monte à la tête facilement. Moi-même qui ne bronchais pas devant un verre de liqueur forte, hier soir je me trouvais toute drôle après mon godet de vin. Notre Mère aimait mieux te dire son indécision avant de faire l'achat; elle préférerait qu'il fût un peu moins fort ( le 29 octobre environ Marie de l'Eucharistie écrira à son père : « Nous avons reçu la barrique de vin. Merci ! merci ! Si tu pouvais voir notre reconnaissance.») Il ne faut pas nous donner de trop bonnes choses, on n'y est point habitué. Je te remercie encore, mon cher petit Père, si tu savais comme nous sommes touchées. [r°tv] Je t'envoie ainsi qu'à Maman les baisers les meilleurs de mon cœur. Ta petite fille chérie.

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