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De sœur Marie-Dosithée Guérin à son frère Isidore - le 16 mai 1865

De sœur Marie-Dosithée Guérin à son frère.

V + J.

 

                                                                                    De notre Mère du Mans

                                                                                    le 16 mai 1865

Très Cher Frère

 Je ne puis pas m'expliquer le silence que tu gardes depuis environ trois mois, et permets-moi de te le dire, je n'y vois pas d'excuse; car enfin si tu es malade c'est une raison pour me l'écrire ou faire écrire si tu n'en es pas capable toi-même, afin que je prie pour toi; si tu es trop occupé ne me mets que quatre lignes, je crois qu'il ne faut pas beaucoup de temps pour cela; t'ai-je déplu ou offensé en quelque chose ce qui pourrait bien être, alors il faut te décharger le cœur et me le dire tout simplement; est-ce oubli ou indifférence, j'ai de la peine à le croire car enfin je connais ton cœur et je crois que tu m'aimes encore*[v°] malgré notre séparation : enfin que ce soit par quelque motif que ce soit, il faut me le dire et me tirer d'inquiétude.

Mon cher ami on voit bien que tu n'as pas mon cœur, tu sais combien je t'ai toujours aimé, te savoir seul à Paris ! à ton âge, entouré de mauvais exemples, avec plus ou moins d'amour du plaisir et de l'indépendance je frémis continuellement sur ton sort, sachant du reste que quoique les principes religieux que tu as reçus soient bien enracinés dans ton cœur ils sont loin cependant d'être le seul mobile qui te fait agir, enfin en deux mots et sans détours, faible dans la vertu, tout cela m'inquiète et m'agite fort.

Ainsi donc cher frère j'espère que tu vas promptement me tirer d'inquiétude et que c'est la dernière fois que cela t'arrive.

Je t'embrasse mon Cher ami et te donne par avance l'absolution de ta faute.

Sr M. Dosithée Guérin

de la Von Ste Marie           

        D. S. B. 

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