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De Sœur Marie‑Dosithée Guérin à M. et Mme Guérin - le 29 novembre 1868

De Sœur Marie‑Dosithée Guérin à M. et Mme Guérin.

 

 

V. +   J.

                                                                                             De notre Mère du Mans

                                                                                             le 29 novembre 1868

 

Cher frère  et chère Sœur,

(…. . )[lv°] Cette circonstance ma très chère sœur me donne le plaisir de répondre plus tôt à votre aimable lettre.  J'ai été en effet tout étonnée d'apprendre votre voyage à Alençon  (le 15 novembre, pour la signature à Alençon de la liquidation de la succession de M. Guérin père). Zélie aura été bien contente de vous revoir cela l'aura consolée, elle vous aime tant, mais hélas le bon Père manquait là, il aurait été si heureux de voir toute sa famille réunie, enfin fiat. . .

Marie est très habituée et depuis longtemps, elle se plaît bien à la Visitation, elle est remplie de bonne volonté mais elle est difficile, elle a une originalité de nature qui demande beaucoup de soins; enfin je crois que lorsqu'elle sera grande elle sera bien bonne et solidement vertueuse, en attendant il faudra bien combattre; cependant tous ses combats ne l'empêchent pas d'engraisser, elle a une figure de prospérité qui fait plaisir à voir. Pauline vient d'être enrhumée, on lui a fait garder le [2 r°] lit, maintenant elle va bien, c'est plaisir d'avoir cette enfant là, tout le monde l'aime, elle est si caressante et si gentille, si le bon Dieu la laisse sur la terre, elle sera une heureuse mortelle, elle s'accommode de tout, elle est toujours d'accord; quand on voulait la faire lever elle était très contente. si on lui disait de rester au lit elle en était bien aise et disait qu'elle était heureuse d'être tranquille; enfin c'est en tout comme cela, ses petites compagnes l'aiment bien aussi et prennent part à toutes ses petites peines; pour moi rien que de la voir elle me met en joie tant elle est gaie et a une si bonne petite façon; je l'ai pourtant mise en pénitence aujourd'hui, je ne vais pas la prendre elle m'a désobéi, c'est un si grand chagrin pour elles ces pauvres petites quand je ne veux pas les prendre, que cela me met bien en pénitence aussi, mais enfin il le faut quelquefois.

Je me vois obligée de finir, je vis dans l'espoir de vous voir tous les trois au printemps prochain Isidore m'ayant dit que vous deviez être Parrain et Marraine de l'enfant de ma soeur. (un  7e enfant est attendu au foyer Martin - Céline. Mme Guérin sera bien marraine, mais le parrain sera M. Vital Romet).

Marie et Pauline se joignent à moi pour [2v°] vous embrasser ainsi que notre petite Jeanne qui nous est si chère et que nous aimons tant; j’espère que vous vous portez bien quoique vous ne me parliez pas de vote santé, pour moi je vais assez bien je ne suis  pas malade mais je tousse un peu plus c'est ma mauvaise saison elle se passera comme tant d'autres.

Votre sœur affectionnée

Sr Marie Dosithée Guérin

de la Von Ste Marie

 

         D. S. B. 

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