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De sœur Marie-Dosithée Guérin à son frère Isidore - le 14 [juillet] 1867

De Sr Marie- Dosithée Guérin à son frère

 

Par distraction la rédactrice appose la date du 14 juin, la lettre est en fait du 14 juillet. La 4e page porte l’adresse et les différents tampons de la poste des 15 et 16 juillet 1867

V   +   J

                                                                                              De notre Mère du Mans,

                                                                                              le 14 [juillet] 1867

 

Ta lettre m’a fait bien plaisir et je vois avec bonheur que tu es toujours très heureux et je crois comme toi que cela durera toujours, car tu possèdes tous les éléments  du bonheur : la vertu, la bonté, l’amabilité, enfin en deux mots  tout ce qui peut rendre la vie heureuse, aussi je t’assure que tu as bien des actions de grâces à rendre à Dieu et à la Ste Vierge, elle t’a visiblement protégé et t’a tenu lieu de mère ; aussi je voudrais te voir une grande dévotion à cette bonne mère afin qu’elle ne cesse de te secourir dans tous tes besoins qui irons toujours en augmentant à mesure[1 v°] que tu avanceras dans la vie ; voilà l’Assomption, si tu étais bon garçon, tu sais bien ce que tu ferais ……

Je crois en effet cher ami que tu as bien de la besogne dans ce moment- ci à cause de toutes tes préparations, et je pense comme toi  que tu n’as pas le temps de faire le mal, mais il me semble bien que quand tu en aurais le temps, tu n'en aurais pas le vouloir, aussi ce n’est pas ce qui me tourmente je t’assure, je te connais trop bien pour cela, seulement ce que je crains c’est que tu ne fasses pas assez de bien.

Je me réjouis du bonheur que le ciel te laisse espérer pour l’année prochaine (la naissance d’un premier enfant, prévue pour février 1868), tout cela me paraît un rêve, il me semble te voir naître, et ma joie et mon bonheur. Cher ami, jamais mon affection n’a varié et elle ne variera jamais, elle passera à ta postérité, que j’aimerai comme mon cher petit frère que j’ai tant pouponné [2 r°]  peut-être pouponnerai-je les tiens aussi, si tu as des filles peut-être me les donneras-tu (comme pensionnaires à la Visitation), enfin n’importe, je les aimerai bien

Je serai bien heureuse de vous voir au mois de septembre, je suis très contente que Céline veuille bien accepter une introduction à la vie dévote je pense que cela ira bien à son âme candide et pure c’est un petit livre composé par notre St Fondateur pour une dame pieuse, je te conseille de le lire  aussi.

Adieu cher ami, il faut que j’ai envie de t’écrire pour le faire.

Je suis accablée  aujourd’hui de dérangements, j'écris au parloir et en donnant des leçons, enfin je compte sur ton indulgence.

Je t'embrasse cher ami                    

Ta Sœur affectionnée

Sr Marie Dosithée Guérin

De la Von Ste Marie

        D. S. B.

Si tu voulais être assez bon pour m'envoyer quelques timbres, je crois que tu n'en as plus

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