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De Sr Agnès de Jésus à M. et Mme Guérin - 29 novembre 1895

M. et Mme Guérin – 29 novembre 1895

 

J.M.J.T.

29 nov. 95

Benjamin ne va pas plus mal, au contraire. Bonne nuit, purgation faisant très bon effet ce matin. Mine un peu fiévreuse mais très gaie. Dans deux jours on voudra courir mais l'obéissance retiendra.

Hier soir un peu de tristesse parce qu'on avait peur que « Maman ait du chagrin », peur aussi d'être malade, peur de n'avoir pas été assez fidèle jusqu'ici, peur [v°] que le bon Dieu ne punisse à cause de cela, peur de tout et de rien en un mot. « Si je retournais dans le monde, j'en mourrais de chagrin, je suis si heureuse, mais non je ne suis pas assez fidèle... » Voilà les plaintes et les frayeurs de ce pauvre petit agneau... Mais ce matin on est plus calme et plus dans le vrai. Apprenant que deux soeurs sont prises de forts maux de tête elle vient de me dire en riant : « C'est cela, vous allez toutes être malades et moi, je vais être guérie pour vous soigner ! C'est moi qui vous soignerai bien, vous verrez ! » Je n'ai pas envie de voir, je vous l’avoue, ni peur non plus car personne [v°tv] jusqu'ici n'est malade à inquiéter.

Je vous embrasse tous de tout mon coeur. La petite malade est encore couchée. Mère M. de G. va la voir à chaque instant et l'infirmière (Sœur Aimée de Jésus) et la petite Mère.

Sr Agnès de Jésus

r.c.ind. Sr Agnès de Jésus

[r°tv] Sr M. de l'Eucharistie me charge de dire à papa et à maman qu'elle va très vite se guérir et qu'elle les aime bien fort. Elle veut aussi que je leur dise que Sr Aimée de Jésus lui a apporté pour prendre sa potion hier soir un petit verre à liqueur ayant pour pied un gros bouchon. C'est vous dire que ce raccommodage ingénieux a fait rire le Benjamin.

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