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Du P. Pichon à Thérèse - 25 février 1895

 

Du P. Pichon à Thérèse.
25 février 1895
Sr Th. de l'E. J.
25 Févr.
Ma chère Enfant,
Est-ce vrai que vous êtes si pressée d'aller au Ciel ? Je vous aime trop pour lutter contre votre
bonheur. Pourtant j'ai bien le désir égoïste de vous revoir ici-bas. Et quelque chose de bien intime me
le promet.
Et vous avez votre Céline ! Quelle gâterie du bon Dieu. Et que ne peut-il pas vous demander puisqu'il
vous donne tant?
Si Jésus vient vous chercher, vous resterez ma petite fille au Ciel, n'est-ce pas, et je ne perdrai aucun
de mes droits paternels. Comptez sur mon autel : car pour toujours il est vôtre.
Oui, laissez à votre divin Epoux le soin de tresser votre couronne ; contentez-vous de Lui plaire. Ainsi
vous prendrez Jésus par le cœur .
Merci pour vos vœux de fête, vos délicieuses poésies. Tout ce qui me vient de l'agnelet m'est bien bon
au cœur.
Je sais gré au bon Maître de vous inspirer tant de confiance ! Le miracle si touchant opéré par le bon
Dieu pour vous donner l'assurance de l'entrée au Ciel du St Patriarche m'a vivement touché ; et j'ai
mêlé mes Deo gratias aux vôtres.
Non, non, le secret imposé à Céline n'était point un manque de confiance. Un jour je vous
l'expliquerai. Vengez-vous en priant beaucoup pour ma petite œuvre , qui me paraît destinée à sauver
bien des âmes et en sauve déjà.
Endormez-vous dans l'abandon sur le sein du bon Dieu.
Je vous bénis de tout cœur.
A.P.

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