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Du P. Pichon à Thérèse - 19 mars 1894

 

Du P. Pichon à Thérèse.
19 mars 1894
Lachine, 19 M.
Mon cher Benjamin,

Que je vous félicite de cheminer dans la vallée de l'humilité. Jésus ne se trouve que là !
La paix ! La paix ! C'est l'héritage du Maître. A son berceau les Anges ne donnèrent pas d'autres
dragées aux petits pâtres de la campagne .
Laissez N.S. vous nourrir de son Evangile : c'est un mets royal.
Ne vous hâtez point trop d'arriver au face à face éternel . Attendez avec patience l'heure du martyre.
Mais ambitionnez-le pour moi comme pour vous.
Comme je l'ai aimée cette petite échappée sur votre âme, sur votre vie religieuse ! Ce « Jésus seul !»
devra être votre suprême règle jusqu'à la mort. Oh ! la bonne part qu'est la vôtre ! Hors de Jésus rien
qu'amertume ! Sentez-vous comme vous êtes bien partagée ! Alléluia !
Laissez le divin Epoux se servir de son petit rien ! Passez-lui ce caprice. Soyez le plus souple de ses
jouets.
Votre âme m'est apparue bien limpide, bien transparente. Dieu soit béni ! Gardez toutes vos saintes
ambitions et vos espérances.
Avec Jésus je vous bénis de tout cœur.
A.P.

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