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Du P. Pichon à Thérèse - 21 septembre 1893

 

Du P. Pichon à Thérèse.
21 septembre 1893
Lachenaie 21 Sept. 93.
Mon cher Benjamin,
Vous me parlez du poids des années et vous avez 20 ans ! 20 ans, oh ! je vous en souhaite encore tout
pleins de bons sacrifices, tout parfumés de myrrhe et d'encens pour consoler, à vos dépens, le Cœur de
votre divin Epoux.
Sentir l'exil, se meurtrir à toutes les ronces du chemin, s'abreuver de fiel et avec une délicatesse
toujours croissante sentir son cœur battre et frissonner là où d'autres passent insouciants ... voilà un
beau partage. Oh ! Que nous sommes privilégiés d'avoir un cœur si bien fait pour souffrir .
Malgré tout, vos quatre petites lettres sont toutes pleines des joies du Tabernacle et des allégresses du
Ciel.
Que Jésus vous garde toujours cet idéal de l'exil que votre regard sait découvrir et votre âme savourer.
Les Saints ont tant aimé tout ce qu'il y a d'aimable dans les œuvres du bon Dieu, les fleurs, la nature,
surtout les âmes, et les saintes affections.
Chérissez votre Céline : elle le mérite. Je le sais mieux que vous. N.S. la conduit à des cimes par un
sentier âpre et escarpé.
Jésus et moi nous aimons bien notre agnelet et toute la chère famille des Buissonnets. Ne désespérez
plus du revoir. Moi, j'y compte !
Une Enfant gâtée comme vous pourrait-elle hésiter jamais à s'abandonner, à s'endormir en paix dans
les bras de son Jésus, sans jamais craindre d'être trahie ?
Sursum corda ! Planons de plus en plus loin du terrestre et de l'humain. Gravitons vers le cœur de
Jésus. C'est le Ciel avant le Ciel. C'est le Ciel des Cieux.
Vive la paix, la joie, la confiance. Souriez toujours au divin Epoux. Mes félicitations pour votre
emploi de Tierce. Restez, restez au Noviciat .
Je vous bénis, vous, ma plus jeune enfant, de mille bénédictions privilégiées.
AP.

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