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Du P. Pichon à Thérèse - 20 janvier 1893

 

Du P. Pichon à Thérèse.
20 janvier 1893
Sr Thérèse de l'Enf. Jésus.
Lavaltrie, 20 Janv. 93
Mon cher Agnelet de l'Enfant Jésus,
Je n'y vois plus qu'avec quatre-z-yeux ! Mais le cœur ne vous perd jamais de vue, et à jamais nos âmes
sont inséparables en Jésus. Vous êtes bien à plaindre si mon silence vous est aussi pénible qu'à moi.
Vous me parlez et je vous réponds dans le Cœur adorable du Bien-Aimé. M'entendez-vous comme je
vous entends? Tous les échos de votre âme me sont joyeux.
Que vous souhaiter pour cette année, où le S. Cœur de Jésus veut être votre Protecteur et Patron. Est-il
plus grand bonheur que d'être gâtée par ce Cœur d'amour?
Auprès du S. Cœur un soupir c'est beaucoup; un soupir suffit pour qu'il s'épanche en vous tout entier.
Osez donc encore vous plaindre de n'avoir qu'un soupir !
Chère Enfant de mon âme, écoutez bien ce que je vais vous dire au nom et de la part de N.S. : Non,
non, vous n'avez pas fait de péchés mortels. Je le jure. Non, on ne peut pas pécher mortellement
sans le savoir. Non, après l'absolution on ne doit pas douter de son état de grâce. A votre Mère, Ste
Thérèse, qui priait un jour pour les âmes, qui se faisaient illusion, N.S. répondit: « Ma fille, on ne se
perd pas sans le savoir parfaitement.» Bannissez donc vos inquiétudes. Dieu le veut et je l'ordonne.
Croyez-moi sur parole : Jamais, jamais, jamais vous n'avez fait un seul péché mortel. Allez vite vous
prosterner devant le Tabernacle pour remercier N.S. Endormez-vous tranquille et sereine entre les
bras de Jésus. Il ne vous a jamais trahie. Il ne vous trahira jamais.
Ne pas vous écrire le jour de Noël m'a été un très-gros sacrifice. Je me l'étais si bien promis. Mais
Jésus se joue de tous mes petits plans. Soyons un jouet entre les mains du divin Enfant.
O mon cher Agnelet, tout mon cœur vous bénit et toute mon âme est à vous tendrement in SS.Corde
A.P.
Priez bien pour mes 50 ans.

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