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Du P. Pichon à Thérèse - 29 août 1890

 

Du P. Pichon à Thérèse.

29 août 1890

Rimouski, 29 août 1890

Ma très chère et bienheureuse Enfant en J.C, 

Elle m'est parvenue hier, la joyeuse nouvelle, et de tout cœur j'ai chanté l'Alléluia, Oh! Mon Alléluia est imprégné de larmes, Ni l'un ni l'autre de vos pères ne sera là pour vous offrir à Jésus. Jésus a fait le vide autour de vous, afin d'être à Lui seul votre tout, votre unique, et de mieux concentrer sur Lui vos tendresses.

Faut-il beaucoup vous plaindre ici-bas, quand là-haut les Anges vous félicitent et les Saints vous envient? C'est votre couronne d'épines qui les rend jaloux. Aimez donc ses piqûres, comme autant de gages d'amour du divin Epoux,

Prierez-vous pour moi autant que je vais prier pour vous? Demain je commencerai une neuvaine à votre intention, Le 8 Septembre, anniversaire de mon sacerdoce, je vous donnerai ma Messe, que je réservais ordinairement pour moi. En retour je compte sur toute votre âme et tout votre cœur pour plaider auprès de Jésus (qui sera si vôtre le 8 Sept.) la cause de mon cher apostolat. En vraie fille de Ste Thérèse, demandez, obtenez pour moi des âmes, des milliers d'âmes à sauver. Le 8 Sept. 73, durant mon ordination, j'ai demandé à N.S, le martyre. Voulez-vous bien appuyer ma supplique? Enfin je vous recommande une intention particulière très importante et bien particulièrement chère à mon cœur.

Voyez! Je suis si harcelé que je puis à grand'peine vous écrire un mot à une heure indue, et si pauvre que je n'ai même pas une petite image à vous envoyer. J'espère vous en adresser une de Montréal.

En dépit des apparences je serai là, au pied de l'autel, vous consacrant à Jésus,

Avancez vers le sacrifice avec la naïve confiance d'une enfant, avec l'ardent amour d'une fiancée.

Mes plus tendres bénédictions pleuvront sur votre âme le 8 Sept.

A.P.