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Du P. Pichon à Marie - 20 avril 1884.

Du P. Pichon à Marie. 20 avril 1884.

 

+ Dimanche soir, 20 A.

Nantes

Ma vraie Fille en J.C.

Comme c'est bon d'avoir un enfant qui ne se venge de mon silence que par des pages toujours meilleures ! Jésus seul pourra vous récompenser ; mais il n'est pas seul à vous savoir gré. Il n'y a qu'une de vos dernières lettres qui m'a fait peine, c'est celle que vous avez déchirée. Comment pourrai je vous châtier comme le mérite cette noirceur ?

Ma joie la plus vive, la [1 v°] plus chère, est de constater que vous allez à Dieu, que votre âme s'épanouit du côté du Ciel, que vos yeux cherchent uniquement la blanche hostie, et surtout que vous voulez être généreuse jusqu'au sacrifice complet de tout ce qui ne serait pas Dieu. Laissez moi toujours lire ces bonnes et joyeuses assurances dans votre coeur.

Je viens d'inscrire à l'avance le 8 Mai parmi mes dates de famille. Vous ne serez pas orpheline devant [2 r°] l'autel entre votre Pauline et votre Thérèse. Vos mères du ciel et vos pères d'ici bas sauront goûter votre bonheur, le savourer et dire avec vous : Merci.

J'aurai bien de la peine à pardonner à votre père de m'avoir refusé cette visite, où il m'aurait tant réjoui en me parlant de la chère âme qui est tant mienne. Voilà un gros vilain jeûne qui sent trop le Carême.

Vous, mon Enfant, vous [2 v°] osez désobéir et prolonger vos veilles jusqu'à 11 h. ou même au delà. Voulez vous me forcer à briser ma plume ? En attendant vous ferez un bon chemin de Croix pour mes pécheurs. Savez vous combien je compte sur votre filial concours, sur vos prières et vos sacrifices pour les convertir.

Alençon m'a consolé par delà toutes mes espérances. Aidez-moi à rendre grâce

Je prie en vue du 8 Mai. Mais vous ferez bien prier pour mon apostolat vos deux anges.

Soyez mille et mille fois bénie­

A P

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